Vers 718-719. Cf
7i L'ESPRIT CRITIQUE CHEZ EURIPIDE.
reproche du passé. Ailleurs, un personnage d'Euripide se refusait à croire que Jupiter eût pris la forme d'un satyre pour se glisser perfidement dans la couche d'Antiope \ et le chœur des Troyennes* qualifie sévèrement un scandale d'une autre nature, celui de
Ganymède.
, Un fils de Jupiter, Apollon, a hérité des mauvais instincts paternels : en Attique, il a fait violence à une fille d'Érechthée. Le commerce d'Apollon et de Créiise, d'où naît le premier ancêtre de la race ionienne, est chez Euripide la matière d'un drame qui fournissait au poète, en même temps qu'une intrigue intéressante à nouer et à dénouer, l'occasion de mettre en lumière l'indignité morale d'un dieu. Au début de la pièce, Creuse, qui s'est révoltée contre l'amour qu'elle a subi, fait allusion aux entreprises audacieuses des dieux dont les femmes sont victimes'. Au milieu de l'action, quand elle se décide à dévoiler sa honte, elle n'a pas assez d'imprécations pour maudire, à la face du ciel le « l^che suborneur » qui l'a rendue mère*. Apollon n'est pas seulement insulté par Gréiise; il lui faut encore subir le blâme que lui inQige son propre fils. Le jeune Ion, qui d'abord ne voulait pas croire qu'Apollon se fût rendu coupable d'une action aussi laide, finit par se laisser convaincre, et alors, avec une franchise familière que justifie peut-être son rôle de serviteur du culte, il n'hésite pas à faire
i. Àniiope, fr. 210.