Vers
la leçon au dieu son maître. « Je dois blâmer Phœbos. Quoi ! il fait violence à une jeune fille et il l'abandonne r II a en secret des enfants et il les laisse mourir! Ah! n'agis pas ainsi, Apollon, et, puisque tu as la puissance, pratique la vertu ^ » Les vers qui suivent sont plus remarquables encore. Le poète — c'est bien lui et non pas Ion que nous entendons — y fait très nettement ressortir la contradiction qui existe entre la conduite des dieux et les lois qu'ils ont faites aux hommes, a Gomment est-il convenable que vous qui avez imposé des lois aux mortels, vous vous exposiez à être accusés de les violer! S'il arrivait — cela n'arrivera pas, mais c'est une chose que je suppose — s'il arrivait que les hommes vous fissent expier vos amours criminelles, toi, et Poséidon, et Zeus, roi du ciel, vous épuiseriez les trésors de vos temples pour payer le prix de vos fautes. En recherchant aveuglément le plaisir, vous êtes coupables. Ce ne sont plus les hommes qu'il est juste d'accuser de perversité, si nous ne faisons qu'imiter les vices des dieux, mais bien ceux qui nous donnent de pareils exemples ^ » Qu'eût pu répondre à ces raisons un avocat des Olympiens? Il eût dit peut-être qu'un dieu, même quand il condescend à un caprice pour une habitante de la terre, reste dieu ; que les dieux sont d^une autre nature et vivent dans une autre sphère que l'homme ; qu'en conséquence les lois faites pour les mortels ne sont pas faites pour les Immortels. Quoi qu'il faille penser de cette distinction sophisti-