‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 63 sur 341 · Jphig, T · texte numérisé non relu

Jphig, T

3. Fragm, 292, Nauck*, Socrate (Plat., République, II, 379 b) disait que la dirinitô, bonne en elle-même, ne peut être la cause du mal. Chrysippe dira plus tard, au second livre de son ncp\ Ocûv, que la divinité

ment de ces deux passages ne permet pas de méconnaître la pensée du poète. S'il rejette, comme invraisemblables ou comme immorales, un certain nombre de fables de la mythologie courante, ce n'est pas pour le vain plaisir d'innover, en critiquant des traditions généralement acceptées ; c'est parce que ces fables lui paraissent inconciliables avec l'idée qu'on devrait se faire de la divinité.

Le vulgaire prêtait aux dieux, d'après les récits des poètes, toutes les passions humaines. Euripide ne néglige aucune occasion de montrer le ridicule d'une telle conception. Les dieux, dit-il, devraient être plus sages que les hommes et ne céder à aucun de leurs entraînements \ S'imagine-t-on des dieux prenant plaisir, comme des avares, à entasser des trésors dans leurs temples*? Se représente-t-on une souveraine du ciel jalouse comme la dernière des mortelles, et, par l'efTet de cette jalousie, persécutant sans relâche l'humanité dans la personne d'Hercule, son bienfaiteur; une déesse capricieuse comme Athèna, qui veut d'abord perdre Troie et qui ensuite essaie de perdre les Grecs parce qu'Ajax a profané son temple; un dieu impitoyable comme Apollon' qui condamne à mort Néoptolème venu à Delphes pour expier une légère offense, qui fait pis encore, qui commande à Oreste le plus grand des crimes, celui de tuer sa

ne peut raiâonnablement être cause de choees honteuses. (Plut., Mor., p. 1049 e.)

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