PhilocL, fr
3. Andromaquef 1147, où la conclusion du messager est celle du poète.
mëre'? Cette dernière traditioa indigne surtout le poète. Il ne se lasse pas de faire répéter à Oreste, à Electre, à Hélène, aux Dioscures eux-mêmes, que le dieu des oracles, celui qu'on nomme le dieu sage, n'a pas été sage, qu'il a ordonné la chose la plus impie, Tacte le plus abominable, et que lui seul est coupable ^ Il semble se complaire à montrer le rôle odieux que jouent dans les affaires de la terre certaines divinités. Aphrodite, qui, parce qu'Hippolyle s'est détourné do son culte, frappe à la fois deux victimes innocentes, Phèdre et le fils de Thésée, est révoltante. Hèra, qui pousse Hercule à égorger ses propres enfants, fait horreur'. Euripide est généralement plus disposé à signaler le mal dont les dieux sont la cause pour rhomme que le bien qui peut leur être attribué. A ce sujet sans doute, l'opinion qu'il exprime n'est ni constante, ni absolue : cette opinion devait nécessairement varier ou s'atténuer avec les personnages et suivant les situations dramatiques. La tragédie des Suppliantes, par exemple, la seule peut-être où l'on ne puisse relever un mot de critique à l'adresse des Olympiens, est toute pleine du respect des dieux. L'Athénien Thésée qui, dans une longue tirade optimiste*, vante les bienfaits que l'homme doit à la divinité, y fait une profession de piété plus complète encore que l'Argien Adraste, pour qui l'humanité