Hélène^ 1136 et saiv
3. C*c8t ainsi qu'il faut entendre l'expression to piaoy. Cf. Nftgels* bach, Die nachhomer. Théologie^ p. 104.
parenthèse, qu'on ne sait pas ce qu'il est. Horcule, qui, en sa qualité de demi-dieu et de futur habitant de rOlympe, devrait être renseigné sur le compte de son père céleste, affecte à ce sujet une ignorance singulière. « Jupiter, dit-il, — quel que soit Jupiter — m'a engendré pour être l'objet de la haine d'Hèra*. » La formule hardie 6f<rriç 6 Zeùç se trouvait encore au premier vers de la Mélanippe philosophe, où elle était accompagnée d'un commentaire aggravant : « Jupiter — quel que soit Jupiter — car je ne le connais que par ouï-dire*. » Qu'une telle déclaration ait été mal accueillie du public, il n'y a là rien qui doive nous surprendre. Plutarque raconte, et nous l'en croyons volontiers, que ce début de la Méianippe souleva au théâtre un tel orage que le poète, condamné, pour faire jouer sa pièce, à donner satisfaction à la foule, remplaça ensuite ce vers sceptique par un vers dont l'exagération dogmatique n'était pas sans ironie : « Jupiter, comme la vérité le proclame, a été le père d'Hellène » Le ton de cette palinodie imposée par les circonstances est encore un témoignage indirect de l'état d'esprit du poète.
Euripide ne s'en tient pas toujours à ce scepticisme vague : il laisse entrevoir aussi ce qu'il pense, ou ce qu'on pourrait penser, de la nature de Jupiter, qu*il parait confondre, à certains moments, avec VÉther (AlÔTip). Quand Aristophane, dans les Gre-
1. Hercule, 1263,Naiick. C'est dans un aulrc sens que chez Eschyle le chœur d'Agamemnorif en parlant de Zous, emploie la formule offrt; hot' é<m'v (v. 160, H. Weil).