Fragm, 839, v
à-dire, comme Euripide a pris soin de l'expliquer ailleurs, Téther, élément physique, auquel les hommes donnent le nom de Jupiter.
Si, par Téther, Euripide avait entendu seulement Tair des hautes régions et le ciel qui brille au-dessus de la tète de l'homme S son interprétation de la nature de Jupiter n'aurait eu rien de choquant. Certaines Jiabitudes de la langue hellénique prouvent que le dieu du ciel se confondait quelquefois, dans l'esprit de ses adorateurs, avec le ciel lui-même. Les Grecs disaient: ZeùçCsi, Jupiter pleut; Homère avait dit autrefois que « les neiges tombent de Jupiter' ». Ces confusions populaires pouvaient, jusqu'à un certain point, justifier celle qu'Euripide établit à dessein. Mais il est bien certain qu'à ses yeux Téther assimilé à Zeus n'est pas seulement le ciel, et que le mot a chez lui une plus large portée. En effet, l'éther d'Euripide n'est autre que l'air infini qui, d'après la doctrine d'Anaximène reproduite par Anaxagore et par Démocrile', enveloppe de tous côtés la terre, qu'il recouvre et qu'il porte. Mais à cette conception précise s'en mêle une autre plus vague dans un curieux passage des Troyermes, qui montre combien l'opinion d'Euripide était flottante à ce sujet, et quel embarras il éprouvait à définir la puissance mystérieuse dont il reconnaissait l'action sur l'homme et dans la nature. Ce passage est une prière — prière non de dévot
1. C*est la valeur qu'a le mot dans une épigramme d'Euripide citée par Athénée, 11, p. 61 b,