Aristote, Du Ciel, II, 13. Plut., Afor., p. 896 e
niais de philosophe — mise par le poète dans la bouche d'Hécube : « 0 toi qui portes la terre et qui reposes sur la terre, qui que tu sois, toi qu*il est difficile de connaître, Zeus; que tu sois la nécessité de la nature ou rintelligence des mortels, je t'adresse ma prière. Car, par un chemin mystérieux, tu conduis, selon la loi, toutes les choses humaines*. » Ménélas a bien raison de s'étonner de cette prière : elle était d'un genre nouveau, et Jupiter n'en avait jamais entendu de pareille. Qu'y trouve-t-on en effet? Tout d'abord, l'assimilation, familière au poète, de Zeus avec l'éther; puis deux hypothèses qui s'y substituent : suivant la première, la divinité que le vulgaire, ignorant de ce qu'elle est, appelle Jupiter, et que le poète philosophe cherche à définir, serait l'ensemble des lois nécessaires et immuables de la nature, ou, d'un mot, cette Anagkè dont il dit ailleurs « qu'au-dessus d'elle il n'y a rien' » ; d'après la seconde, elle serait voO; ppoTûv, Tintelligence de l'humanité. Cicéron a fait ressortir l'audace de cette dernière supposition, qui, dans d'autres tragédies perdues pour nous', devenait sans doute une affirmation catégorique. « L'intelligence, dit-il, à mon sens, est divine : Euripide ose dire qu^elle est dieu*. » On imaginerait difficilement un langage plus hardi. Les deux hypothèses entre lesquelles le poète parait hésiter