Piutarque, Périclèa, VÏXIU
était assurément une coutume humaine, généreuse, qui a épargné bien des violences et mis obstacle à plus d'un crime. Il était bon que l'esclave maltraité par son maître, que l'accusé poursuivi injustement, que Fennemi vaincu trouvassent au pied des autels des dieux un refuge assuré. Xénophon et Plutarque racontent qu'après le combat de Coronéc, où les Athéniens et leurs alliés furent défaits par Agésilas, un groupe de fuyards se retira dans le sanctuaire d'Athèna Itonia. Agésilas ne songea pas un seul instant à les en arracher. Non seulement il leur accorda la vie sauve, mais il leur donna un détachement de cavalerie pour escorte*. Le respect qu'inspirait l'inviolabilité des sanctuaires avait donc souvent d'utiles effets. Mais il arrivait aussi que cet usage arrêtât le cours de la justice la plus légitime. Il y avait des temples dont le droit d'àauXCa était absolu, et où, les plus grands criminels, ceux qui avaient été condamnés justement au dernier supplice, échappaient à tout châtiment, tant qu'ils restaient dans l'enceinte consacrée. Euripide, contrairement à l'opinion courante, n'admet point que le crime puisse se soustraire à l'expiation en se plaçant sous la protection des dieux. « Un homme malhonnête, dit-il, que je verrais assis au pied d'un autel, sans me soucier de la loi, sans craindre les dieux, je l'en arracherais pour le livrer à la justice ! Le méchant doit être traité en méchant*. » Il voudrait que le refuge des temples ne fût pas ouvert à tous indistinctement,
1. Xénoph., Hellén,, IV, 3, 80; AgésiL, XI, 1. Plut., AgésiL, XIX, 2.