Aie., 882 et suiv
droits de ses pièces ^ Mais ces passages ne sont pas de ceux où Ton soit à peu près assuré de tenir la pensée même du poète. II est en effet facile de l'opposer sur ce point à lui-même. Dans Ylon, quand Creuse et Xouthos, qui se désolent d'être sans postérité, viennent demander un enfant à Apollon, le chœur, dont les sentiments s'accordent avec ce désir, déclare qu'il lui parait cruel de vivre sans enfants et méprisable de s'y résigner, et il exalte les maisons fécondes où croît une florissante jeunesse, qui est pour les parents une force dans le malheur, une joie dans la prospérité, et qui dans la guerre devient un rempart, un gage de salut pour la patrie '. Comment oublier ce qu Euripide fait dire à Andromaque que, pour les hommes, « les enfants c'est la vie » ; que celui qui n'en a pas souffre moins sans doute, mais qu4l jouit d'un bonheur négatif, « d'un bonheur malheureux' »? Comment oublier surtout les beaux vers d'un fragment de Danaè sur la joie qui inonde le cœur de l'homme à la vue du premier nouveau-né*? « 0 femme, bien douce à voir est cette lumière du soleil, et la mer que n'agite aucun souffle, et la terre quand elle fleurit au printemps et la riche abondance des eaux, et tant d'autres choses dont je pourrais vanter la beauté : mais le plus brillant, le plus beau des spectacles est, pour ceux qui sont sans enfants et que ce regret torture, de voir rayonner dans leur maison le
1. Méd,, 1093-1115.SiijD5pi., 1087 et suiv. Fragm, incert, 908,Nauck«.