BeUéropkon, fr
tant de place dans les idées antiques, souleva plus d'une fois les réclamations de la conscience grecque. Euripide proteste, lui aussi, contre elle. Il met sa protestation dans la bouche d'Hippolyte, victime innocente de la perfidie de Phèdre et de Terreur de Thésée ; victime aussi, il ne faut pas Foublier, des crimes de ses ancêtres. Au moment où il est apporté sur la scène, sanglant, mutilé, déchiré de douleurs au milieu desquelles il va rendre l'âme, il reconnaît dans le coup qui le frappe la main d'une divinité qui a voulu châtier en lui les fautes de sa race. « 0 crimes de mes antiques ancêtres, s'écrie-t-il, votre fatalité m'atteint, et sans délai. Mais pourquoi le châtiment tombe-t-il sur moi qui ne suis point coupable ^ ? » Le sentiment d'Hippolyte sera,, avec le temps, celui de presque tous les esprits éclairés. Seuls, les hommes qui auront le respect aveugle des traditions du passé, essaieront encore, comme Plutarque, de défendre cette idée de l'expiation tardive et héréditaire qui n'avait été pour les premiers poètes et les plus anciens sages qu'un moyen d'expliquer comment en ce monde il arrive souvent que la vertu soit malheureuse et que le vice triomphe. Ce triomphe du mal, Euripide ne cherche point à en rendre compte, mais il le constate avec chagrin, et il y voit une des choses qui rendent la vie mauvaise. Un personnage du Bel- /^ropAo/i dit qu'il voudrait mourir : « Est-ce la peine de voir la lumière pour assister aux succès iniques des méchants'?» D'autres héros, à la nouvelle d^infamies