Voir Lallier, ouv. cité, p. 151 et suiv
temps par les procès en adultère sur lesquels nous renseignent les plaidoyers des orateurs, il n'en est pas moins vrai que la femme d'Euphilétos est le type de ces femmes habiles dont parle Euripide, qui, pour entretenir la sécurité du mari qu'elles trompent, déploient les ressources d'un art infini.
Il en est d'autres qui n'ont point cette assurance. Pendant longtemps elles ont langui, consumées par un mal dont chaque jour a augmenté la violence, qui par degrés a miné leurs forces et épuisé lentement les résistances de leur vertu. Elles ont lutté, et elles se sentent vaincues. Mais la conscience qu'elles ont de la honte de leur défaite est cause qu'elles se débattent encore : inquiètes, agitées, le remords les torture. Phèdre voudrait mourir plutôt que de révéler à Hippolyte le secret de sa passion. C'est en pensant à elle-même qu'elle dit au sujet des femmes qui n'ont point ses scrupules : « Comment donc osent-elles regarder en face l'époux qui partage leur couche? Comment ne redoutent-elles pas les ténèbres complices de leur crime? Comment ne tremblent-elles pas que les murs de la maison n'aient une voix pour les accuser*? » Les femmes dont Euripide a retracé l'image dans la personne de Phèdre sont, on l'a dit bien souvent, plus malheureuses encore que coupables. Ce sont de vraies victimes d'Aphrodite.
Le poète d'ailleurs fait plaider par ses personnages les circonstances atténuantes de l'adultère de la femme. Cet adultère a souvent pour raison les tra-