‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 126 sur 351 · HippoL · texte numérisé non relu

HippoL

hisons du mari. Dans le premier Hippolfjte, qui différait sensiblement du second, Phèdre se défendait en mettant sur le compte des infidélités de Thésée l'amour qu'elle avait conçu pour le fils de l'Amazone*. Dans la tragédie à' Electre, Clytemnestre se justifie de la même manière : si elle a tué Agamemnon pour épouser Egisthe, c'est qu'Agamemnon est revenu de Troie avec Cassandre, qu'il a fait entrer dans son lit. Et elle ajoute une réflexion, qui est du poète bien plus que d'elle : « Les femmes sont passionnées, je ne le nie pas. Mais, avec cette faiblesse, si le mari commet la faute de dédaigner le lit conjugal, elles veuleni l'imiter et cherchent ailleurs un amant. Après cela, c'est à nous qu'on inflige un blâme éclatant, tandis que les vrais coupables, les hommes, échappent aux reproches'. » L'inconduite de la femme a encore une autre excuse : l'entraînement des mauvais conseils. L'Athénienne de bonne condition ne sort qu'à de rares intervalles et n'est point exposée par conséquent à de fréquentes tentations. Mais, si elle reste presque toujours chez elle, elle a, à côté d'elle, dans sa maison, des esclaves, des servantes qui la tiennent en communication avec le dehors. Ces servantes jouent souvent auprès d'elle le rôle le plus détestable. Au moment où Phèdre semble préférer la mort à la honte d'un aveu, sa nourrice, par des raisons subtiles, par de perfides suggestions, amollit les sentiments de sa maîtresse, ébranle ses résolutions et essaie de triompher des

i. Plut. De aud. poet., 28.

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