Suppl., 4i7-455, Wilamowitz
4. Dans l'Hercule s'exprime plusieurs fois (v. 33, 272, 541) cette idée que le tyran a profité des dissensions de la cité pour mettre la main sur le pouvoir.
5. L'idéal du bon roi est retracé dans les paroles qu'Érecbthéc
monarque que d'un archonte, est si bon prince qu'il a fondé lui-môme, de ses mains royales, la démocratie en Attique. Aussi, avec quelle fierté n'exalte-t-il pas, devant le héraut du tyran Créon,les mérites de ce régime de liberté qui, en permettant à tout citoyen de prendre la parole sur les affaires de l'Etat, en attribuant à chacun les mêmes droits, en donnant à tous indistinctement cette isonomie si précieuse et tant vantée, ne laisse régner dans la cité d'autre souverain que la loi* ! Le héraut de Créon adresse bien aux institutions démocratiques d'Athènes quelques critiques d'une incontestable justesse. Mais il est Thébain et envoyé d'un roi : il a tort. Thésée est Athénien et représentant d'un peuple libre : il écrase son adversaire. Si Euripide, tout en donnant satisfaction à son public, a été probablement sincère quand il célébrait, en face de l'étranger, la valeur des institutions politiques d'Athènes, il paraît d'ailleurs n'avoir pas fermé les yeux sur les inconvénients d'un régime qui laissait la chose publique aux mains de la multitude. Il n'adule pas la foule ; il fait d'elle, au contraire, un portrait qui, sans ressembler à la caricature aristophanesque du bonhomme Démos, n'est point flatté et ne vise qu'à reproduire son modèle fidèlement. Être mobile, prompt aux entraînements irréfléchis de la colère et de la pitié ; impuissant à maîtriser son ambition, qui lui fait perdre en un jour, pour avoir
mourant adresse à son fils (fr. 362). Schcnkl {ouv. cit. p. 32) en a rapproché les conseils que donne Isocratc à Nicoclcs, roi de Salamine de Cypre.