HippoL, 437 et suiv
dérobée aux regards et dont il ne nous montre que le résultat. Ce n'est pas la faute de la nourrice si ce résultat n'est point conforme à ce qu'elle espérait, et si elle n'a pas réussi à rapprocher Hippolyte de Phèdre. Il n'est donc guère douteux que cette femme devait inspirer aux spectateurs quelque chose de la répugnance qu'éprouvaient les honnêtes gens pour les itpoaywyoC de profession. Ce métier avait paru jadis si abominable, que la législation de Solon le punissait de mort : on en donnait cette raison que les entremetteurs « prêtent le concours de leur impudence à des gens qui, tout en désirant le mal, n'osent pas le faire, et qu'ils reçoivent de l'argent pour amener à exécution des actes honteux qui, sans eux , ne se seraient pas faits * » . Si la tragédie, comme le veut Aristophane, doit être une école de vertu, il est certain qu'un personnage tel que la nourrice de Phèdre eût mérité d'en être banni, et l'on conviendra sans peine que ce rôle se justifie seulement par les nécessités de l'action dramatique.
La femme du théâtre d'Euripide qui accouche dans un temple est Augé^ fille d'Aléos : elle donne le jour à Téléphos dans le sanctuaire même d'Athèna, dont elle est la prêtresse. La fable ajoutait qu'Aléos, ayant découvert la honte de sa fille, la fit déposer avec son enfant dans un coffre qui, comme celui de Danaé, fut abandonné aux vagues de la mer, et que, sous une impulsion divine, cette embarcation d'un genre nouveau aborda à l'embouchure du Caïque, où le roi de