‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 193 sur 351 · Poét., XIII, p. 1453 a, 29 Vahlen · texte numérisé non relu

Poét., XIII, p. 1453 a, 29 Vahlen

de les distinguer. Le pathétique propre à la tragédie est donc tantôt un pathétique violent qui fait trembler, qui donne le frisson, tantôt un pathétique d'une nature douce, qui attendrit et qui porte aux larmes. C'est dans ce dernier genre qu'Euripide passe pour avoir surtout excellé. Mais il n'a pas été seulement le poète dramatique de la pitié ; il a été aussi, nous allons le voir, celui de la terreur.

Dès le début de sa carrière, Euripide paraît avoir recherché les effets que produisent sur la scène le spectacle de situations terribles, ou le récit, sinon la vue, d'actes épouvantables. Parmi les pièces qu'à l'âge d'environ vingt-cinq ans il présenta pour la première fois au concours et qui lui valurent un troisième prix*, était la tragédie des Péliades, aujourd'hui perdue, mais dont le sujet nous est en partie connu. — Quand Jason revint de la Colchide avec la toison d'or, sa première pensée fut de se venger de son oncle Pélias, qui avait cru l'envoyer à la mort en le forçant d'affronter les dangereuses épreuves dont il était sorti vainqueur. Jason fait part de ses intentions à Médée, qui se charge de l'exécution de sa vengeance. Elle va trouver les filles de Pélias; elle leur représente que leur père est d'un âge avancé, qu'il est sans enfant mâle, que le trône reste sans héritier, et elle leur offre d'employer le pouvoir surnaturel dont elle dispose à métamorphoser le vieillard enjeune homme. Cette proposition ne rencontre d'abord qu'une incrédulité assez naturelle. Médée,

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