‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 212 sur 351 · nrfrom · texte numérisé non relu

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logue qui devait faire couler bien des larmes : « Voyez, dit Andromaque, mes mains ensanglantées par les liens qui les enchaînent ! On m'entraîne aux demeures souterraines. — Ma mère, ô ma mère, s'écrie Molossos, j'y descends avec toi, sous ton aile. — Andromaque. 0 l'infortunée victime, nobles citoyens de la terre de Phthie ! — Molossos. 0 mon père, viens au secours des tiens I — Andromaque. Mon fils, mon enfant chéri, là-bas sous la terre, au milieu des morts, repose sur le sein de ta mère. — Molossos. Hélas ! hélas ! quel malheur tombe sur moi, comme sur toi, ô ma mère! — Andromaque. 0 mon époux, mon cher époux, que n'ai-je pour nous défendre ton bras et ta lance, fils de Priam! — Molossos. Malheureux, quels accents trouver pour détourner de moi la mort? » En entendant son fils se débattre contre la mort prochaine, Andromaque tente un dernier effort : elle espère que l'âme de Ménélas sera ébranlée au spectacle d'un enfant qui pleure et qui implore. Elle oublie sa haine, sa dignité : « Supplie-le, dit-elle, mon enfant; jette-toi aux genoux de ton maître. » Et Molossos embrasse les genoux de Ménélas, et il lui dit, avec un accent déchirant : « Ami, ami, ne me fais pas mourir*.» Ce cri poussait le pathétique au comble. Il était temps que l'intervention de Pelée, en arrêtant l'entreprise criminelle de Ménélas, mît terme à une situation aussi douloureuse, et que le spectateur s'acheminât par degrés à la satisfaction de voir les deux victimes échapper au danger, et le jeune

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