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Molossos aider le vieux Pelée à défaire les liens qui meurtrissaient les bras de sa mère.
Dans la première partie de la tragédie à^Hercule^ la situation de Mégara et de ses trois fils n'était pas sans analogie avec celle d'Andromaque et de Molossos, puisqu'on y voyait aussi une mère condamnée à mourir avec ses enfants et sauvée avec eux, grâce à une intervention inattendue. Hercule a quitté Thèbes pour accomplir le dernier de ses travaux, pour descendre aux enfers, d'oii l'on croit qu'il ne sortira plus, tant son absence se prolonge. Un tyran, du nom de Lycos, a profité de cette absence pour s'emparer de la royauté de Thèbes, en tuant Créon, père de Mégara; il veut achever son œuvre en faisant disparaître Mégara elle-même et les enfants qu'elle a eus d'Hercule. Ces enfants, qu'on voit, au début de la pièce, groupés en suppliants autour d'un autel, avec leur mère et le vieil Amphitryon, ne parlent pas sur la scène ; mais on y rapporte leurs paroles, et ils tiennent une grande place dans le drame par l'intérêt qui s'attache à leur sort, comme par celui qu'ils prennent eux-mêmes aux événements. Ils s'informent avec inquiétude, auprès de Mégara, qui le raconte, de cet Hercule auquel ils ressemblent, dont ils ont les éclairs dans le regard *. « Mère, disent-ils, dans quel pays s'en est allé notre père? Que fait-il? Quand reviendra-t-iP ? » Ils assistent à la scène où le tyran Lycos vient annoncer aux suppliants qu'ils doivent mourir, et qu'un bûcher va être allumé autour de l'autel qui
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leur sert de refuge. Ils entendent Mégara réclamer comme une faveur de pouvoir les parer d'ornements funèbres ; et quand cette permission lui a été accordée, on les voit rentrer sur la scène couverts de vêtements de deuil, pour entendre les adieux de leur mère*. Ils s'associent également à l'heureuse péripétie produite par l'arrivée soudaine d'Hercule ; ils s'y associent non avec une joie bruyante, mais à la façon d'enfants qui sont encore sous le coup d'un grand saisissement, en s'attachant à leur père, qu'ils ne veulent plus quitter. Et l'on voit l'énorme, le colossal Hercule traînant à sa suite ces petits êtres, qu'il traite, lui héros, comme le ferait un honnête père de famille, de retour à son foyer après une longue absence. « Cessez, leur dit-il, de vous suspendre à mes vêtements. Je n'ai pas d'ailes et ne songe pas à m'échapper loin des miens. Mais quoi! ils ne me lâchent pas, et ils s'attachent à moi encore plus étroitement. Etiez-vous donc à ce point au bord de l'abîme ? Je vais les prendre et les emmener par la main, comme de petites barques que remorque un vaisseau ; car je ne me refuse pas au soin de mes enfants ^ » Cette tendresse condescendante et familière d'Hercule a, dans la suite du drame, un contraste effrayant : le meurtre de ces mêmes enfants sous les coups de leur père en démence. Mais dans cette dernière scène, dont on n'entend d'ailleurs que le récit, la terreur ne domine pas seule : la pitié s'y mêle. Le poète n'a pas fait tomber les enfants d'Hercule comme