‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 241 sur 351 · Vers 1539 et suiv · texte numérisé non relu

Vers 1539 et suiv

2. Voir, en tète de la pièce, l'argument d'Aristophane le grammairien.

Phéniciennes, rattachée à la destinée d'Œdipe, était plus saisissante.

Aucun des personnages que nous venons de nommer n'a de rôle chez Eschyle. Dans les Sept contre Thèbes, un personnage unique mène toute Faction : c'est Etéocle; les autres ne comptent point. Le chamr n'est là que pour exprimer les terreurs d'une ville assiégée et pour faire ressortir, par son trouble féminin, la mâle fermeté du roi. Antigone et Ismène qui viennent, après la catastrophe, pleurer sur leurs frères, sont des personnages épisodiques. L'éclaireur ne sert qu'à donner la réplique au roi ; le messager, qu'à apporter la nouvelle du dénouement. Etéocle est donc le seul personnage agissant de la pièce. Eschyle l'a animé, comme il convenait, d'une haine furieuse contre son frère. Quand il apprend que Polynice est à la septième porte, cette fureur éclate : « Apportezmoi, crie-t-il, mes cnémides, ma lance, mon bouclier M » En vain essaie-t-on de l'arrêter : Etéocle, jusqu'alors si maître de lui-même, ne s'appartient plus; il se sent entraîné par une force irrésistible, qui est celle de l'imprécation d'Œdipe, et il part. Mais, avant ce moment décisif, Etéocle a eu toutes les qualités d'un roi : c'est un homme grave, prudent, réfléchi, qui, au milieu des lamentations des femmes et dans le trouble général, ne perd la tète à aucun moment, qui prend avec calme et sang-froid toutes les résolutions nécessaires; c'est, en un mot, un vrai chef d'Etat.

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