‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 240 sur 351 · XI, 271 et suiv · texte numérisé non relu

XI, 271 et suiv

résias ; c'est pour détourner les malheurs qui menacent la patrie que Tirdsias désigne la victime humaine réclamée par Ares ; c'est pour sauver cette même patrie que Ménoikeus se dévoue. Ces trois rôles se tiennent et contribuent ensemble à la même action. On peut contester l'utilité de cette action, qui complique le drame ; on ne peut contester l'intérêt dramatique qui s'attache aux scènes où ces personnages figurent.

L'intervention d'Œdipe ^ parait moins facile à justifier. Les critiques anciens qui signalent des horsd'œuvre dans les Phéniciennes qualifient d' « addition superflue' » la scène d'Œdipe partant pour l'exil. Cette scène, certainement un peu longue, est-elle de trop? Quand on sait comment sont morts Etéocle et Polynice, et leur mère après eux, la tragédie, il est vrai, semble finie. Mais il faut songer que ce sont les imprécations d'Œdipe contre ses fils qui ont été cause de leur querelle et de leur fin misérable ; que la mort d'Etéocle et de Polynice, que celle de Jocaste, qui n'a pas voulu leur survivre, sont en réalité l'œuvre d'Œdipe. C'est pour qu' Œdipe connaisse les effets de sa colère que le poète l'a fait vivre jusque-là et qu'à la fin de la pièce il le fait sortir, sous la conduite d'Antigone, du palais où il était enfermé. La vue de ce vieillard fatal qui, avant d'aller mourir en exil, s'approche des cadavres des siens, pour dire adieu à ceux qu'ont tués ses malédictions, laissait le spectateur sur une grande impression. La catastrophe des

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