Vers 3o et suiv., 49, 55 et suiv
3. L'auteur du second Argument de la pièce cnumère les drames de la tétralogie dans l'ordre suivant : les Cretoises, Alcmaeon à Psophis, Télëphos, Alceste.
Un héros en état d'ivresse* n'était cependant pas ' une nouveauté sur la scène tragique. Eschyle déjà, dans ses Cabires^ avait montré les compagnons de Jason pris do vin et titubant^ Sophocle avait été plus loin. Dans le drame qui avait pour titre : le Banquet des Achéens, et qui est bien une tragédie, il avait décrit une orgie des chefs grecs, et il n'avait pas reculé, dans cette description, devant les réalités les plus grossières. Ulysse, excité par la boisson, lançait à ïhersite un projectile « qui n'avait rien de parfumé », un vase qui venait se briser sur la tête du misérable^ Voilà de quoi nous étonner! Le nom de Sophocle éveille dans nos esprits de telles idées de noblesse, qu'on est déconcerté par ce détail, trop bien attesté pour être mis en doute. Mais ce détail nous montre que l'ivresse d'Hercule, dans VAlceste d'Euripide, ne serait pas, à elle seule, une raison suffisante pour que l'on refusât de considérer VAlceste comme une tragédie pure, au môme titre que les Cabires d'Eschyle ou que les Banqueteurs de Sophocle.
On n'a pas les mêmes doutes pour la tragédie A' Hélène. Là, ce n'est point une ou plusieurs scènes
1. Remarquons d'ailleurs que l'ivresse d'Hercule n'est pas une } ivresse folle, qu'elle est traversée par la préoccupation de l'avenir 1 incertain et par la pensée de la mort, v. 782, 785.
2. « C'est Eschyle le premier, dit Athénée, X, p. 428 f, et non, ■ comme quelques-uns le prétendent, Euripide qui donna, dans la tragédie, le spectacle de gens ivres, n On no peut donc supposer que les Cabires fussent un drame satyriqueî Welcker, d'après le sujet de la pièce qui se rapporte à l'expédition des Argonautes et à Lemnos, conjecture qu'elle faisait partie do la même trilogie qn'Argo et Hiipsipylé. »