‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 25 sur 351 · Page XIX de la préface de son édition d'Euripide · texte numérisé non relu

Page XIX de la préface de son édition d'Euripide

3. La première est désignée par le mot XîOoî, la seconde par le mot ^fi>Xo;.

rappellerait, quoique d'un peu loin, la pierre de feu d'Anaxagore. A en croire même Diogène Laërte, l'expression se trouvait dans le Phaéthon^. Nous ne saurions assurément convaincre Diogène d'erreur flagrante, puisque du Phaéthon il ne nous reste que des fragments. Remarquons cependant combien la périphrase attribuée à Euripide est en désaccord avec la donnée même d'une tragédie où le soleil n'était point une masse de pierre ou de feu, où il était un personnage dramatique, un dieu vivant. Diogène, qui se trompe souvent, qui cite, par exemple, comme appartenant à la tragédie àWugè un vers qui se lit dans V Electre *, a pu faire erreur ici encore. Sans doute les scholiastes qui, moins bien renseignés ou plus circonspects que Diogène, ne parlent point du Phaéthon^ prêtent aussi à Euripide les mots j^pucéa pw>.o<; comme désignation du soleiP. Mais on ne saurait rien fonder sur des témoignages qui se composent de deux mots seulement, peut-être altérés. L'expression fûtelle d'Euripide, il y aurait encore, entre « la masse dorée » et « la pierre incandescente » du soleil, toute la difTérence qui sépare un terme poétique d'un terme scientifique.

Voici des textes moins controversés, où l'on est assuré de trouver la pensée même du poète.

1. Diog, L., II, 3. 10. D'anciens éditeurs (cf. Walckcnaër, Diatrioe, p. 31) ont cru retrouver l'expression dans les vers du Phaéthon cites par Strabon, I, p. 33; mais il leur a fallu corriger le texte, qui donne XpytTÉx ^âllti çXoyt en -/p'J<jéa ptoXw çXéyet. Rien n'autorise cette correction, que Nauck, fr. 771, n'a pas adoptée.

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