‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 26 sur 351 · Schol. Eurip. HippoL, 601. Schol. ApoU. Rhod., I · texte numérisé non relu

Schol. Eurip. HippoL, 601. Schol. ApoU. Rhod., I

Deux fragments de tragédies perdues, Chrysippos et Mélanippe la Philosophe, nous apprennent qu'Euripide avait une opinion sur ce qui avait fait jusqu'alors le principal objet des spéculations philosophiques, sur l'origine du monde et la formation des choses. Dans le Chrysippos^ il place au commencement de tout deux éléments : la Terre et l'Ether. Cet Ether, dont Aristophane s'est tant moqué*, a engendré, disait le poète, les hommes et les dieux; la Terre, fécondée par l'humidité de l'Ether, a enfanté les hommes, les animaux et leur nourriture 2. Ces idées se complètent pour nous dans la Mélanippe : « A l'origine, disait la jeune fille philosophe, le Ciel et la Terre ne faisaient qu'un ; quand ils furent distincts l'un de l'autre, ils enfantèrent et mirent au jour la végétation, les oiseaux qui volent dans l'air, les animaux que nourrissent et la terre et la mer, enfin la race humaine ^ » Cette genèse est-elle exactement celle d'Anaxagore? La cosmogonie d'Euripide ne dilfèret-elle pas, au contraire, de ce qu'enseignait à ce sujet le philosophe ionien? Sans doute, pour Euripide comme pour Anaxagore, tout était confondu à l'origine; mais, tandis que le premier n'admet que deux éléments primordiaux, d'étendue énorme, le second veut que les éléments aient été infinis en nombre et en peti-

1. Nous verrons plus loin, au chapitre II, ce qu'Euripide entend par l'Éthcr.

2. Chnjsippos, fr. 839, Nauck. Il était également question de ces deux cléments primordiaux dans l'Antiope (Probus ad Virg. Eclog., VI, 31 , p. 21 : « Euripides... terrant et aerem inducit principia rerum esse in Antiopa »).

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