‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 280 sur 351 · Fragm., 781, v, 32, Nauck · texte numérisé non relu

Fragm., 781, v, 32, Nauck

offrait encore un exemple de cette retraite momentanée du chœur. Euripide, comme les deux autres grands tragiques, s'est donc servi plusieurs fois do V épiparodos ; mais il a usé de ce moyen à sa façon, sans nécessité urgente, quand il le trouvait seulement commode pour l'économie de ses pièces.

La sortie des choreutes durant le cours de l'action n'est qu'une exception dans le théâtre grec. Mais l'intérêt que les choreutes prennent au drame les pousse quelquefois, chez Euripide surtout, à s'approcher si près des acteurs que l'on a pu soutenir récemment, sans réussir à le prouver, que l'estrade de l'orchestre était sur le même plan que le logéion ' . Ceux d'Oresle entrent au moment où le malheureux est plongé dans le sommeil qui suit d'ordinaire ses crises, Electre veillant à ses côtés; et, comme celle-ci les prie de marcher légèrement et de parler bas, « aussi doucement qu'un murmure de roseaux », ils sont obligés, pour se faire entendre et pour entendre, de venir se placer tout près d'Electre, tout près par conséquent du lit d'Oreste, si près qu'Electre, tremblant que son frère ne se réveille au bruit, les engage par deux fois à s'éloigner ^ Où sont-ils donc, sinon sur les limites mêmes de la scène, en avant de leur place ordinaire qu'ils ont quittée '?

1. D'après le résultat des fouilles faites, dans ces dernières années, au théâtre de Bacchus, à Athènes. Ces fouilles ont été exposées par G. Kawcrau dans la publication de Baumeister, Denkmâler des classischen Altertlmms, III, p. 1730.

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