‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 297 sur 351 · Vers · texte numérisé non relu

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dans le passé jusqu'aux plus lointaines origines des événements qui se préparent. Etait-il bien nécessaire de reprendre l'histoire des Pélopides* depuis la légende de l'agneau d'or? Et, quant au premier stasimon, si la mort ignominieuse d'Agamemnon rappelée dans l'épode forme contraste avec le brillant tableau du début, avec le magnifique départ de la flotte grecque, fallait-il que le souvenir du chef de l'expédition éveillât celui d'Achille, et que le chœur ne pût songer à Achille sans céder aussitôt à la tentation de décrire par le menu son armure divine^? Cette dernière description serait vraiment un embolimon , si elle n'était enchâssée entre des développements qui se rattachent, sinon au drame lui-même, du moins aux antécédents du drame. — Cette critique, que l'on atténue' ou que l'on exagère suivant le goût ou l'antipathie qu'on a pour Euripide, ne doit pas au reste nous faire méconnaître le caractère du chœur à'Électre. Ce chœur n'est rien moins qu'indifférent; il est de ceux au contraire qui sont intimement associés au personnage principal, dont les intérêts et les sentiments sont les leurs. Discrétion, fidélité, dévouement, ces femmes argiennes amies d'Electre ont toutes les qualités de leur rôle. L'arrivée d'Oreste les remplit de satisfaction ; elles se passionnent pour le succès du complot; elles dansent de joie à l'annonce du meurtre

1. Elle remplit le^sccond slasimon. La transition ne se trouve qu<à la fin. V. 745.

2. On s'explique d'autant moins ce long développement- sur Achille et son armure que le lieu de la scène est à Argos, et non en Phthiotide. Le sujet est rappelé seulement au v. 479.

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