Troisième *<a«jnon, i
Celui de ïlon, dont l'entrée dans l'orchestre n'est pas assez motivée, s'amuse peut-être un peu trop curieusement, comme pourrait le faire un groupe de touristes, à regarder et à admirer la frise du temple de Delphes * ; mais, une fois que l'action s'engage, il lui appartient tout entier. Creuse a dans ces femmes des servantes qui sont absolument dévouées, comme leurs pareilles en général, aux intérêts de leur maîtresse. Tout d'abord elles essaient de l'assister dans sa démarche, en invoquant Athèna et Artémis, sœurs d'Apollon, et en les suppliant d'intercéder auprès de leur frère pour qu'il accorde à la race d'Érechthéc une heureuse postérité. La singulière réponse du dieu, en les frappant de stupeur, les inquiète et les fait trembler pour Créiise, dont elles se représentent la douleur quand elle se trouvera en présence d'un fils qui n'est pas le sien, mais celui de son mari. Ce sont elles pourtant qui devront lui annoncer la cruelle nouvelle, et les ménagements qu'elles y apporteront ne réussiront pas à en adoucir l'amertume. L'indignation qu'elles ressentent les entraînera facilement à approuver les projets de vengeance de leur maîtresse, et même à comploter avec elle. Ce fils dont Apollon vient de faire si inopinément cadeau à Xouthos, elles le maudissent et souhaitent ardemment sa perte : non pas uniquement parce qu'elles aiment Créiise, mais parce que, étant Athéniennes, elles voudraient empêcher un étranger, un intrus, d'entrer par surprise dans la famille royale de l'Attique,