LE LYRISME
Si l'on écoute Aristophane, le lyrisme d'Euripide sera vite jugé. On n'aura que du mépris pour ces petits vers, pleins de répétitions et d'interjections, dont la musique prétentieuse et sans originalité fait songer tour à tour « aux chansons de table, aux tlûtes cariennes, aux airs de danse, aux thrônes des funérailles » et qui ne méritent d'autre accompagnement que celui des « castagnettes ' ». Mais si l'on rétléchit que le succès et la longue durée du succès sont pour les œuvres de l'esprit les signes d'une incontestable valeur, on hésitera à s'en rapporter à Aristophane. L'anecdote des Grecs de Sicile faisant l'aumône d'un peu de pain et d'eau aux Athéniens qui étaient capables de leur chanter des morceaux d'Euripide, pourrait, si elle était isolée, être mise au compte de la crédulité de Plutarque ^ Mais voici un comique de la comédie moyenne, Axionicos, qui se