ProbL, XV, cf. XXX
Seidler surtout', ont-ils essaya de résister au texte cité plus haut, et ont-ils entrepris de ramener de vive force quelques monodies de notre poète à la régularité ordinaire du chant lyrique. L'observation d'Aristote reste vraie d'une façon générale, bien qu'elle comporte des exceptions qui témoignent de l'infinie liberté dont usait le poète. Nous venons de voir que deux des monodies qui nous ont été conservées sont construites selon la tradition de l'art d'Eschyle. Dans une autre, telles strophes ne sont point accouplées, mais s'équilibrent à grande distance ^ Il y en a encore qui sont antistrophiques, non d'un bout à l'autre, mais en partie seulement. Tantôt, comme pour la monodie de Creuse dans VIon, cette partie forme comme le noyau du chant, dont elle occupe le centre, entre des systèmes libres qui la précèdent et qui la suivent ; tantôt, au contraire, elle est placée au commencement même du morceau. La monodie d'Electre dans ï Ores te, débute par une strophe, aussitôt accompagnée de l'antistrophe ' ; puis, comme si la passion du personnage ne pouvait supporter cette entrave, elle secoue bientôt le joug de la symétrie, pour se développer en cinq strophes qui ne se correspondent plus*. Cette liberté sans doute n'est pas l'absolue licence. Ces strophes indépendantes, d'étendue inégale et de formes diverses*, ne marchent pas au
1. De vers, dochm., p. 232; 275. Pour la discussion, Toir Fritzsche, de Monodiis Euripideis, p. 4-7.