‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 341 sur 351 · Grenouilles, 1331-1364, Kock · texte numérisé non relu

Grenouilles, 1331-1364, Kock

soir, une voisine a volé son coq. Ce malheur cruel trouble tellement la cervelle de la pauvre femme, que ses idées se succèdent sans s'enchaîner, tout en désordre. Telle, à certains moments, l'allure de la monodie du Phrygien, très bouleversé lui aussi, et qui chante sur la ruine de Troie une lamentation qu'on a de la peine à rattacher à la suite de son récit. De môme que l'esclave de VOreste crie, à diverses reprises, « ô Terre, ô Terre — ô Mère, ô Mère de l'Ida », la fileuse d'Aristophane abuse des exclamations et des invocations. Pour essayer de retrouver le volatile qu'elle a perdu, elle appelle à son aide tout à la fois les Nymphes et les Cretois, la déesse Artémis et la déesse Hécate; auparavant, elle avait invoqué la Nuit et le dieu de la mer. « Douleurs, gémissements » reviennent souvent dans sa bouche comme dans celle du Phrygien. A l'exemple de celui-ci, elle insiste, elle appuie, en les répétant deux fois de suite, sur les mêmes mots*. Elle accumule, à brève distance, des épilhètes de même signification^. Elle vocalise, fait des roulades', comme en faisaient les acteurs des drames d'Euripide, Dans son chant enfin, presque tous les mètres lyriques de la tragédie viennent se mêler, formant une sorte de pot-pourri rythmique, analogue à celui

1. Voir surtout 1352 et suiv., ô S'àvÉTtrax' àvénTax' è; aîôlpa.. È[xo\5'a-/£' «"/s* xaTîXiTtE, || 8âxpua Sdtxpucx i' au' ojJUJiâxwv ll^êa- ),ov Ê6a).ov à T>.(i[Ao>v.

2. 1331, xcXatvofai^;; 1335, {(.eXaîva; Nuxxi;; 1337, [jieXavovexustjiova, etc.

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