Vie, p. 2, 1. 4, Schwartz
4. Théophr. et Hiéron. Rhod. (Athén., X, p. 424 e). Le témoignage de Théophrastc a une grande valeur parce qu'il est emprunté aux archives du sanctuaire, d'Apollon à Phlya.
loin. Ses parents lui firent apprendre la peinture, et il s'y adonna avec assez de succès pour être compté parmi les artistes de talent. Plusieurs de ses tableaux s'étaient conservés : on les montrait à Mégare'. L'art dramatique allait bientôt l'occuper tout entier ; mais, en passant de la peinture à la poésie, il portera dans son nouveau métier quelques-unes des habitudes de l'ancien. Les traits descriptifs, les détails pittoresques qui abondent dans les récits et dans les chœurs de ses tragédies rappelleront l'art qui avait charmé sa jeunesse ^
Il eut un goût moins vif pour les exercices gymnastiques. Un oracle, dit-on, avait annoncé à Mnésarchos que son fils remporterait un jour des couronnes aux jeux publics. Mnésarchos interpréta mal l'avis du dieu : il voulut faire d'Euripide un athlôte^ Cette prédiction, forgée, suivant la règle, après l'événement*, ne mérite évidemment aucune créance. Il est également peu probable qu'Euripide ait jamais été vainqueur, comme le prétendent les biographes, au pancrace ou au pugilat. Il fut cependant en rapport avec les athlètes, qu'il connaît bien, à en juger
1. Vie, p. 2, 1. 3-4. Pausanias ne pai-lc pas de ces tableaux, qui avaient disparu ou n'existaient plus de son temps.
2. On rencontre, en outre, chez lui, plusieurs allusions à la peinture : Hippol. lOOu, Héc. 807, Ion. 271, Tr. 687, l'/ién. 129, Le serviteur de VIon, v. 1141 et suiv., décrit longuement une tapisserie de Delphes.
3. A. Gell. XV, 20, 2. Vie, p. 1, 1. 6. D'après Plutarquc, Mot., p. 496 /", Mnésarchos mourut avant d'avoir assisté aux succès dramatiques de son fils.
4. Cela ressort de la mention faite, dans le récit d'Aulu-Gelle, du concours des Théseia, qui ne fut institué que longtemps après l'époque d'Euripide.
par le mépris qu'il professe pour eux*. S'il les a eus pour maîtres dans sa jeunesse, il a conservé mauvais souvenir de leurs leçons.
D'autres enseignements, d'un ordre tout dilTérent, laissèrent dans son esprit une impression profonde. Au moment oii Euripide arrivait à l'âge d'homme, commençait à se préparer dans l'ombre la révolution qui allait transformer l'esprit d'Athènes. Cette ville n'était plus seulement le rendez-vous des poètes et des artistes : elle devenait, suivant l'expression d'Hippias, « le prytanée de la sagesse grecque^ »; elle voyait accourir chez elle les philosophes et les savants. Euripide était encore jeune quand Zenon d'Elée commença à séjourner à Athènes \ Cet inventeur de la dialectique, ce « critique universel », comme l'appelait Timon de Phlionte'*, apportait avec lui de grandes nouveautés. Ses auditeurs étaient émerveillés de l'entendre soutenir que l'être est à la fois un et multiple, semblable et dissemblable, immobile et en mouvement'. Il ne recherchait sans doute ces contradictions que pour réduire à l'absurde les opinions courantes et fonder sur leurs ruines une métaphysique nouvelle. Ses procédés d'argumentation n'en étaient pas
1. Voir surtout le fragment de YAutolykos (282, Nauck^) cite par Athénée, X, p. 413 c.