IIélè7ie, V
2. Jphif/. A., 79."i-800. Le passage d'//e7ène, 257-239, où il est encore question des œufs de Léda, ne peut être invoqué en témoignage : il est manifestement interpolé.
Cette disposition d'esprit se montre encore ailleurs. Dans la légende argienne d'Atrée et dé ïhyeste, il est question d\m agneau à la toison d'or, animal merveilleux donné par Hermès à Atrée, et à la possession duquel est attaché le privilège de la royauté. Un jour, ïhyeste dérobe à son frère l'animal, qu'il emmène dans ses étables, et il vient ensuite déclarer sur l'agora de Mycènes que le trône doit lui appartenir. Jupiter prend le parti d'Atrée : pour dénoncer aux hommes la fraude de Thyestc et attester d'une manière éclatante les droits de celui qui a été lésé, il accomplit un prodige : il ordonne aux astres et au soleil de changer de direction. Depuis ce jour, dit-on, le soleil se lève h la place où il se couchait autrefois •. Euripide, dans un chœur d'Electre, rapporte cette légende, mais il en fait suivre le récit de réflexions fort sceptiques : « Voilà ce qu'on dit, mais j'ai bien de la peine à le croire. Comment le soleil à la face d'or aurait-il, pour le malheur des hommes, détourné son char enflammé, et changé de route, à cause d'une faute commise par un mortel? » Et le chœur ajoute : « Les fables qui font peur aux mortels profitent au culte des divinités 'K » Euripide insinue donc que les récits qui donnent la plus haute idée de la puissance merveilleuse des dieux ont été inventés par ceux qui avaient intérêt à ce que les dieux fussent redoutés.
Les légendes que nous venons de rappeler, bien que répandues par les poètes dans toute la Grèce, étaient cependant originaires, l'une de Sparte, l'autre d'Ar-