‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 51 sur 351 · Electre, 737 et suiv · texte numérisé non relu

Electre, 737 et suiv

gos : n'était-il pas permis à un Athénien de s'en moquer un peu, surtout à une époque où le Spartiate, l'Argien peut-être aussi, était l'ennemi? S'attaquer aux légendes attiques, ou seulement ébaucher en les citant un sourire d'incrédulité, était chose plus grave. Euripide ne s'en fit cependant pas faute. Une des idées les plus chères aux Athéniens était celle de leur autochthonie^ qu'ils exprimaient dans la poésie et sur leurs monuments par l'image d'Erichthonios, le nouveau-né que la Terre tire de son sein pour le présenter à Athèna '. « Est-il vrai, demande le jeune Ion, qu'Érichthonios soit né du sol? » Et Créiise lui répond affirmativement ^. Mais, un peu plus loin, quand Ion s'inquiète de savoir si lui-même, comme Érichthonios, n'aurait pas eu la Terre pour mère, Xouthos, qui est ici le porte-parole d'Euripide, lui déclare nettement et sans ambages, que c'est là une vaine prétention et que « les enfants ne naissent pas du sol »'. Vers la fin de la pièce, le poète met dans la bouche d'Ion s'adressant à sa mère une explication positive, mais assez impertinente, des amours légendaires de Créiise et d'Apollon. Créiise assure que c'est le dieu qui Tamise à mal : « Ne serait-ce pas là, dit le jeune homme, un moyen commode pour une jeune fille de dissimuler la faute qu'elle a commise avec le concours d'un mortel '*? »

Non loin du théâtre de la légende de Créiise, les

1. Otf. MuUcr, Denkin. d. ail. Kunst,\, no 2H. Arch. Zeitung, 1873, pi. 63, etc.

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