Porph., De Abstin., 4, 19. Voir le vers 4 du fragment
2. Fragm. 472, Nauck2. Sur le Dionysos de Crète, cf. Diod., V, 75, 4.
thraces où est écrite la parole d'Orphée* ». Le te'xte de VHippolyte est plus formel. Thésée s'y indigne contre les momeries des sectaires et contre la vanité de leurs livres sacrés. « Glorifie-toi maintenant, ditil à Hippolyte ; cherche à en imposer aux autres en l'abstenant de la chair des animaux ; flatte-toi d'être un initié, d'avoir Orphée pour maître et d'admirer la vaine fumée de tous ses écrits. ïe voilà pris sur le fait. Les hommes de cette sorte, il faut les fuir, je le dis à tous bien haut; car ils cherchent à nous duper par de belles paroles, tandis qu'ils trament de honteux desseins ^ » Les Orphiques sont donc présentés ici, avec une intention qu'on ne saurait contester, comme des hypocrites qui cachent leurs vices sous les dehors d'une piété extraordinaire. Objoctera-t-on à cette interprétation qu'Hippolyte, à qui Thésée lance ces reproches, est dans la pièce un personnage sympathique? Mais Hippolyte n'est orphique qu'ici, un instant, par l'efl'et d'une supposition momentanée du poète : dans tout le reste du drame, x'à ne l'est point. Ce n'est pas Dionysos qu'il reconnaît et proclame comme son dieu. Sa divinité à lui, l'objet exclusif et passionné de son culte, c'est Artémis, la chaste déesse dont la pureté l'enchante, dont le commerce mystique emplit son âme de douceurs célestes. Orphée n'est pour rien dans cette dévotion du jeune homme. Il faut donc admettre que Thésée, ou plus exactement le poète, a seulement pris occasion de la piété singulière d'Hippolyte pour l'assimiler en pas-
1, Alceste, 964-69.