Àlceste, v. aiS sqq. Cf. Phéniciennes, v
ESSAI DE FIDÉLITÉ AUX CROYANCES RELIGIEUSES iBq
foi n'est pas une duperie. Héraclès prouve qu'elle était justifiée, en ramenant la morte des Enfers. Mais le miracle ne se produisit qu'une fois, et malgré son innocence, malgré l'amour d'Artémis, Hippolyte ne remonta jamais à la lumière.
Même dans les pièces où il proteste contre les Immortels, Euripide ne s'interdit pas toujours de s'incliner devant eux. Cette contradiction ne l'a pas choqué, soit parce que son hommage est presque inachinal et sans conséquence, soit parce qu'il juge bon de prendre quelques précautions avec eux et surtout avec son public, soit enfin parce qu'ils ne méritent pas toujours le blâme. Tous les hommes ont besoin d'eux, disait le fils de Nestor à Télémaque». Ils sont tout- puissants, ajoutait quelquefois Euripide, et il ne faut pas lutter contre eux 2. Thésée affirmait même qu'ils étaient justes, et, parce qu'il était juste luimême, il savait d'avance qu'ils ne l'abandonneraient points. Oreste, un pied sur le cadavre d'Égisthe, conseillait à sa sœur de leur rendre grâces; il sentait qu'il n'avait été que leur instrument dans la punition du misérable^. Donc, pour arriver à la fin qu'on poursuit, il est prudent de s'assurer leur protection 5. En les honorant, le sage se trouve heureuxC. Ils abaissent les puissants, ils élèvent les humbles 7. Ils voient notre misère, ils en ont pitié». Ils viennent même à notre secours. Mais, comme ils sont éternels, ils n'ont jamais de hâteî>.
Il suit de là, et pour ceux qui n'admettent pas dévie future la conséquence est impérieuse, que tôt ou tard les gens de bien doivent triompher, et les hommes injustes être châtiés. Comme, après tout, dans l'incertaine confusion des biens et des maux, ce n'est pas toujours le contraire qui se réalise, Euripide a dit que la vertu heureuse était une vertu récompensée, que l'injustice infortunée était une injustice punie, se contentant de louer les dieux de leur influence sur