‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 162 sur 362 · Decharme, op. cit., p. ^o sq · texte numérisé non relu

Decharme, op. cit., p. ^o sq

c^^r^^Fr"^^^^ Pausanias, IX, 3o, 4, qui nous dit qu'Orphée n'avait pas seulement

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f^î J r.f ^' T. ".*'*" '""*•' ^^ beaucoup que tout ce qui éteit attribué à Orphée fût véritablement de lui, et Pausanias lui-même, I, i4, 3, a des doutes

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combé, déclare qu'aucun de ces remèdes ne saurait rendre la vie à la morte.. Sa critique, on le voit, nest pas très acerbe. II vient de constater lui-même que rien ne prévaut contre les lois de la nature Il refuse aux formules attribuées au chantre de Thrace tout pouvoir magique. De la part d'Euripide, très défiant à l'égard du merveilleux, le contraire seul pourrait surprendre.

Dans ÏHippolyte, au contraire, le ton est beaucoup plus amer. Le fils de Thésée (on la trop bien dit pour qu'on essaie de le redire >) est un véritable orphique par sa chasteté et sa mystique adolescence, ou plutôt car les poètes transforment tout ce qu'ils touchent, Euripide a idéalisé le seul orphique que l'Antiquité nous ait légué, en projetant sur sa jeunesse un reflet qui la rend presque divine. Cependant, Thésée qui a recueiUi dans les mains mortes de Phèdre l'accusation mensongère croit son fils coupable. Il lui crie: «C'est bien cela, glorifie- toi.' cherche a nous en imposer avec ta nourriture végétale. Tu as, dis- lu' Orphée pour maître, fais l'initié, et adore la fumée de ses écrits innombrables : te voilà pris. Les hommes de ton espèce, moi. je le dis bien y haut a tous, il faut les fuir : avec leurs paroles hypocrites, ils essaient

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/- 0 VV: ^ *'' ^' '°™'"* «" '« "-es bien vu, l'expression de la méfiance

V^ haineuse du peuple à l'égard de toute croyance nouvelle. Hippolvte

n est pas criminel parce qu'il est orphique, mais Thésée insiste as^ez

rudement sur la comcidence, pour qu'on se demande s'il n'a pas de la

joie a la constater : on n'est jamais fâché de trouver en défaut ceux

^ ^ que l'on n'aime point.

Il reste pourtant une chose : la beauté de l'éphèbe rend incertaine intention véritable de celui qui l'a créé. Si Euripide avait eu pour lOrphisme l'estime plus que médiocre dont on parle, pourquoi Hippolyte serait-il aussi admirable? Ses gestes ont la décence réservée des êtres vierges, ses yeux leurs regards un peu lointains, et son âme est aussi fraîche que les fleurs printenières avec lesquelles il a tressé pour la chevelure dorée de sa déesse, la couronne qu'il lient à la main quand il arrive sur le théâtre 4. Ce n'est pas ainsi qu'Euripide a coutume d'imaginer les personnages qui lui sont antipathiques.

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