‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 163 sur 362 · Ibid., V. 73 sqq · texte numérisé non relu

Ibid., V. 73 sqq

INFLUENCES ÉTRANGÈRES ,g5

Admettons donc que la secte dans laquelle U le place le séduisait par certains côtés. Il y a, en effet, chez lui un penchant très curieux au mysticisme. De là vient le caractère inattendu qu'il donne aux paysages mêmes où se joue son drame. La prairie où Hippolyte a glané sa guirlande est aussi sacrée qu'un sanctuaire. Elle en a le mystère attirant et la solitude. Aucun être animé ne la profane de son contact, ni les bergers, ni les troupeaux, ni même au printemps les abeilles. Seuls, les initiés ont le droit d'y pénétrer. Sur elle, il semble que les vents retiennent leurs souffles. Le soleil appréhende d'y verser une lumière trop vive. Ses rayons caressent le ruisseau que la Pudeur y épanche mollement au milieu des fleurs, et cette source-là est si rare dans les prairies grecques, qu'on excuse volontiers ceux qui n'ont pu se décider à la reconnaître».

Cependant, puisqu'après 428, Euripide ne fait plus d'allusions à rOrphisme et qu'il continua d'écrire pendant plus de vingt années, on a le droit de supposer qu'il n'y trouva pas la solution qu'il cherchait. Sa raison triompha des apparences. Sans doute il serait imprudent d'insister sur ces délicates questions que nous connaissons mal. Mais le mysticisme ne nous est pas devenu si étranger que nous ne puissions comprendre l'attrait qu'il peut exercer sur les esprits les plus virils ^. On se demande, il est vrai, si l'Orphisme avait quelque chance de satisfaire l'esprit difficile qui l'a un instant étudié. C'est un point très obscur, sur lequel il semble impossible d'avoir aujourd'hui, malgré les recherches des n^ernes, une opinion.

D'autres nouveautés religieuses, voisines de la précédente, ont encore attiré l'altention du poète. Dans les Cretois, les choreutes, qui étaient des prêtres de Zeus de l'Ida, nous racontent, sans doute en arrivant dans le théâtre, qu'ils s'abstiennent, comme Hippolyte, de manger rien de ce qui a eu vieS, que la pureté est la règle de leur

t. N.uck, Earipideiselu SladUn, II. p. 5 sq., rejette le mol AÎSci- ou-il ne s>it œmmcn remplacer. Weil, «n, doute, a rai^A contre lui. MaU le's «rapules de Nauck plus at aché au sens littéral et ordinaire des moU, sont compréhe7s"blë

habit t'r^f^a Irt « -P "T''%" "/°"'°'-«"- P"«- Oui fu.'.^uXdans son nami, après sa mort. Cf. Faugère, Pcnséet de Pascal. I, p. aSo.

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