‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 174 sur 362 · Danaé, fragm · texte numérisé non relu

Danaé, fragm

personne n'élait étranger.. Il se contentait d.'en critiquer la prodigalité et de marquer le vrai caractère qu'elles devaient garder.

Il disait encore que les prières, que les offrandes n'avaient aucune efficacité, si celui qui les faisait négligeait de venir en aide à l'action divine. Il avait observé - et le spectacle est de tous les temps - que certains petits peuples qui honoraient la divinité, étaient soumis aux lois de peuples moins pieux, mais plus forts». Essayez, ajoutait-il, de prier les dieux, sans rien faire, sans travailler de vos mains pour gagner votre vie, et vous mourrez de faim : aidez-vous, le ciel vous aideras. Cest une maxime prudente, à laquelle ses personnages conforment leur conduite, surtout quand ils ont à cœur de réussir. Mais s'ils se défiaient du pouvoir de la divinité, quand elle agit seule, prendraient-ils un plus grand soin de lui venir en aide?

Sur la divination, Euripide a dit plus nettement encore ce qu'il

pensait. L'avenir n'est pas caché aux dieux, mais il l'est aux devins.

Leur art n'est que conjecture plus ou moins heureuse 4, que mensonges.

Un instant de réflexion le prouve avec évidence. En supposant

qu'ils connaissent ce que le destin prépare, souvent ils ne pourraient

le dévoiler. Ce destin est -il funeste? Leur réponse les rendra

odieux. Si, par pitié pour ceux qui les interrogent, ils atténuent

la dureté de leur prédiction, ils mentent et ne remplissent pas leur

devoir. Pour révéler toute la vérité, il faudrait n'avoir personne à

craindre, être un dieu 6, et Tirésias, qui n'était qu'un homme, avait

souvent dans la tragédie l'occasion de le déplorer.

Les desseins des dieux sont impénétrables 7. Cependant, beaucoup de gens prétendent être devins : ce sont des fourbes», qui extorquent

soit d'Eurinide Au l^mm T- r """^ "'^' — /"bitudc qui n'est pas encore morte, —

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