‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 187 sur 362 · C. Ibid., IV, V. 134 sqq · texte numérisé non relu

C. Ibid., IV, V. 134 sqq

MélfÉLAS

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à ceux des autres ? C'était une singulière façon de ménager ses armes que de briser, comme il le fit, son épée en morceaux sur le cimier de Paris, tant le coup qu'il lui asséna — se dressant de toute sa hauteur et se soulevant sur la pointe des pieds pour donner au glaive plus de volée « — fut vraiment effroyable.

Ainsi, Euripide est si prévenu contre son personnage, que les imputations mensongères ne lui coûtent rien. Ce seul détail le prouve. Loin d'être sous les murailles d'Ilion le lâche qu'il nous dépeint, Ménélas, au contraire, inférieur sans doute à Achille, qui est incomparable, reste cependant le favori d'Ares et l'un des premiers de l'armée achéenne. Il est l'égal d'Ulysse, des Ajax, de Diomède, supérieur même le plus souvent à Agamemnon. Il combat aux côtés des plus valeureux. Il n'hésite pas, quand Hector provoque les Grecs et que ceux-ci restent silencieux, à se lever seul pour accepter le défia, n faut que son frère intervienne et l'empêche de combattre. Or, Achille lui-même ne rencontrait pas, sans frémir, Hector sur le champ de bataille3. Donc, Ménélas, qui veut librement répondre à la provocation de ce dernier, agit comme un héros. Son acte est d'autant plus remarquable que c'est après réflexion, et non dans la chaleur et l'emportement de la lutte, qu'il s'y résout. Soyons-en certains : Ménélas, du moins chez Homère, était un brave.

Pourquoi Euripide dit-il le contraire ? Parce qu'il se défie des personnages de l'épopée, à cause même de leur auréole lumineuse. C'est aussi parce que Ménélas représente pour lui le type du mari qui n'a ni caractère ni dignité. Bien d'autres causes l'ont indisposé contre lui. Mais comme cette dernière raison est sensible dans la description, ou plutôt dans la caricature qu'il a faite de son héros, au moment où celui-ci retrouve Hélène !

Si nous en croyons Pelée, voici comment les choses se seraient passées 4. Maître de Troie, quand sa femme retomba entre ses mains, Ménélas se garda bien de la tuer. A peine eut-il vu son sein, il rejeta son épée, il reçut d'elle un baiser, il caressa cette chienne perfide. —

r. Iliade, III, v. 36i sqq.

a. Ibid., VII, V. ga sqq.

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