I. Cyclope, V. 3i6: àvOpcantaxo
sacrifiés'. Quand les Grecs ont décidé d'immoler une fille d'Hécube à l'ombre d'Achille, pourquoi est-il envoyé par ses compatriotes pour enlever Polyxène à sa mère, sinon parce que la mission est odieuse et qu'elle devait lui être attribuée moins qu'à personne a? Car Ulysse, en une circonstance fort dramatique, avait été sauvé par Hécube, quelque temps auparavant, d'une mort certaines. Il lui devait de la reconnaissance. Il la lui témoigne en arrachant de ses bras, malgré ses cris, ses pleurs, ses supplications, ses admirables plaintes 4, celle qui, avec Cassandre, était la dernière enfant de la vieille reine.
Là encore, on sent dans le poète dramatique un esprit prévenu contre son personnage. Regardons de près les choses. Sans doute, il est dit dans VOdyssée que le guerrier, déguisé en mendiant, pénétra dans la ville des Troyens pour y espionner 5. Mais ce fut Hélène seule qui le reconnut^, parce que seule elle était Grecque. Elle se garda bien de trahir l'audacieux. Elle conserva ce secret pour elle. Car déjà elle aspirait à retourner dans son foyer, et elle voulait par sa discrétion rentrer en grâce auprès de ceux qu'elle avait offensés.
Ici, Hécube affirme qu'Hélène lui fit part de sa découverte 7 et qu'Ulysse, se voyant perdu, se jeta à ses genoux pour la supplier de le laisser vivre. Mais comment la reine des Troyens aurait-elle écouté sa prière? Comment aurait-elle jamais consenti à lâcher un des plus dangereux ennemis de sa patrie, quand elle le tenait dans sa main? Quelle aurait été la raison de cette faiblesse, disons mieux, de cette trahison? N'est-ce pas elle qui exècre tant les Grecs et qui trouve, pour exprimer sa haine à l'égard d'un de leurs chefs, des expressions si atrocement sauvages»? Le scholiaste, qui n'est pas toujours un sot, a raison de faire observer que le récit de VOdyssée est beaucoup plus naturel 9. On ne remarque pas l'invraisemblance glissée dans le drame,
I. AÎQsi Talthybios, dans les Troycnnes, est chargé d'annoncer à Andromaque que les Grecs vont mettre à mort Astyanax, son enfant. Mais Talthybios est un héraut. Il appartient à une engeance détestée de tous les hommes et surtout d'Euripide. Cf. TroyenneSy v. 4a4 sqq.; infra, chap. VllI, S v.
a. Hécube y v. ai8 sqq.