Aeolos, fragm
4. Iphig. en Tauride, v. 476 sqq.; Hippolyte, v. 981 sq.; BelUrophon, fragm. 3oi et 3o4t et la conclusion anapestique de V Alceste, de la Médée, de l'Andromaque, de VHélhne et des Bacchantes, où Euripide fait peut-être remarquer comme il sait donner de l'imprévu à ses drames.
5. Iphig. à Aulis, v. 3i sqq.. v. 161 sqq.; Ion, v. i5o2 sqq.; Alexandre, fragm. 45; Sthénébée, fragm. 661; Antiope, fragm. 196; Danaé, fragm. 33o. D'où le précepte de Solon. qu'il ne faut proclamer heureux personne avant sa mort. Il passe dans la tragédie, où il sert de conclusion à YCEdipe-Boi. On le retrouve dans Euripide, en particulier dans V Andromaque, v. 100 sqq.
6. Oreste, v. 34 1 sqq. Même image dans le Bellérophon, fragm. 3o4.
D'ordinaire, son expression est plus simple. Il affirme que chacun de nous porte son infortune qui l'accable ., que nous ne sommes pas les maîtres de notre vie ^ que notre liberté ne consiste quelquefois qu'à choisir entre deux maux 3, et comme le paradoxe lui est familier, il prétend même qu'il vaut mieux toujours souff'rir, car ainsi nous nous habituons à la douleur avec laquelle nous sommes nés, au point de ne plus la sentir A. C'est pourquoi, au lieu de se lamenter quand le malheur les frappe, quelques-uns de ses personnages l'acceptent avec une résignation surprenante, parce qu'ils le considèrent comme une nécessité naturelle 5.
S'U y avait encore quelque règle dans la répartition des joies et des peines de notre vie! Mais tout n'est qu'immorale confusion 6 et il n'est même pas facile de distinguer les gens de bien des criminels 7. Justes, injustes, nous tendons tous vers le bonheur, mais ceux qui l'atteignent ne le méritent guère 8. Le plus hardi est celui qui triomphe». Et cela est d'un pernicieux exemple pour les cités ïo.
La perversité grandit dans la race humaine. Bientôt, — et la constatation est consolante, car si nous nous plaignons, Euripide l'a fait bien des siècles avant nous, ce qui n'a pas modifié le cours immuable des choses, - bientôt, la terre ne sera plus habitable, et les dieux seront forcés, s'ils veulent mettre un peu d'ordre dans l'univers, de créer une autre terre pour les criminels". Comme cette déportation d'un nouveau genre n'a jamais été même essayée, la vie est mauvaise. Vivre, c'est soufl-rir». Pour nous distraire de notre peine, nous n'avons souvent d'autre moyen que de regarder la peine d'autrui i3.