‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 242 sur 362 · Ibid.f V · texte numérisé non relu

Ibid.f V

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nous en savons plus qu'eux, sur celui-là notre ignorance est égale H la Jeur.

Héraclès pourrait nous décrire le sombre royaume d'Hadès, puisqu .1 y alla deux fois. Il est vrai qu'il ne fit qu'en effleurer les bords lo^qu ,1 ramena Alceste à la lumière. Il se contenta de sembusquer près du tombeau de la jeune femme, et au moment où la Mort vint boire le sang des victimes, il s'élança brusquement sur elle et lui arracha sa proie.. Mais, dans sa seconde descente, il poussa plus avant. Il rencontra Cerbère, il se rendit maî(re du monstre, il le conduisit dans le bois sacré de Chthonia, en Argolide.. C'était une occasion rare de voir ce que cachent les Enfers et de nous le révéler Héraclès semble les avoir traversés les yeux clos. Il nous dit seulement a son retour, qu'il réussit à mater le chien fameux, parce qu'il étaii .n.t.e . C est tout et c'est peu. Dionysos voit un peu mieux les choses dans les Grenouilles. Si son récit n'est pas bien tragique, il prouve du moins que, pour lui, l'Hadès n'était pas vide. '

Avec Alceste. notre curiosité n'est pas mieux satisfaite. Elle ressuscite, elle est rendue à son mari, mais elle ne parlera que dans trois jours*. I^s spectateurs n'ont pas le loisir d'attendre ses confidences. C est vraiment dommage. Quand elle mourait, elle était moins silencieuse. Elle apercevait le nocher Charon qui l'attendait, appuyé sur son croc, et qui lui criait durement de se hàterS. EUe se sentait entraînée par un monstre ailé, dont les yeux, sous des sourcils épais, lui lançaient des regards sombres 6. EUe qui était douée d'une vue si lucide quand elle était sur le seuil de l'Hadès, quelle précision n'aurait-elle pas eue dans ses récits, après l'avoir franchi! Elle revient vers nous • eUe est muette. Nous ne la reconnaissons pas. Ses premières visions n etaient-elles que des hallucinations d'épouvante et de fièvre, où l'on «aperçoit jamais, plus ou moins déformés, que les êtres imaginaires dont on a peuplé soi-même son cerveau à l'état de veiUe?

a. Héraclès, v. 6io sqq. i^exjta.

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