Akeste, v. 363 sq
a /6id. V 357 sqq. Charon est encore mentionné deux fois dans le Slasimon qui suit la mort d Alceste, v. 439 sqq. et v. 459. On laisse de côté Cerbère, sans doute parce que, dans un chant lyrique, la mention de cet être monstrueux et facilement grotesque eui eie déplacée.
3. Ibid., V. 6a5 sqq. C'est pourquoi l'expression o^5£v laô' à xaxôavciv, Alceste, V. 38x ne signifie pas, comme semble l'indiquer Decharme, op. cit., p ,37 n 5 que celui qui est mort n'est plus rien, mais qu'on l'oublie très vite. Voir le contexte: C est un argument dont se sert Alcosle pour consoler son époux : il la pleure maintenant, mais dans quelque temps il ne pensera plus à elle.
se verront plus. Le jeune homme maudit Aphrodite, cause de sa perte. Il regrette que les maux injustes qui le tuent, ne puissent la frapper. Artémis, qui comprend sa peine, essaie de le consoler. « Sois tranquille, » dit-elle, « même quand tu seras sous l'ombre de la terre, les dieux ne laisseront pas impunis les tourments que Cypris t'a infligés». » Elle pense à la mort d'Adonis, mais cette mort ferat-elle revivre Hippolyte? Artémis sent combien sont insuffisantes ses paroles, puisqu'elle annonce à son chaste amant les honneurs dont il jouira plus tard à Trézène, et le don de leur chevelure que lui feront, en pensant à lui, les jeunes filles pendant des siècles.
Avec nos idées modernes, que nous aimerions mieux autre chose, et comme la mort de l'innocent serait vite acceptée, si elle n'était qu'une épreuve passagère, qui le privât pendant un tempi de la vue de sa chère déesse ! Hippolyte va fermer les yeux : Artémis, qui sent se mouiller les siens de larmes 2, s'éloigne. Jamais l'adolescent n'entendra plus sa voix. Il semble même qu'il commence à perdre l'affection si tendre qu'il avait pour elle, et que les douces images qu'elle lui avait laissées, s'évanouissent dans son cœur à mesure qu'il bat avec moins de force. Ne souhaite-t-il pas, — car dans cet adieu émouvant, c'est l'être mortel qui réconforte et encourage la divinité, — qu'Artémis quitte sans douleur la longue intimité qu'ils avaient eue, et qu'elle continue sans tristesse sa vie heureuse? Telle est la dernière parole qu'il lui adresse 3. Tout est fini entre eux, jusqu'au souvenir et aux pensées qui seules les avaient unis.
La mort est donc une puissance qui replace les êtres éphémères dans l'immobilité d'où ils étaient sortis, et leur immobilité n'est pas douloureuse. Cette puissance clémente dissout l'amour et les troubles qu'il cause, même s'il est presque divin. A son contact, les désirs et les haines s'évanouissent; les passions les plus pures s'épurent encore. Quand Hippolyte agonise, son visage reprend l'air de sérénité éternelle qu'il avait perdu, quand la vie l'animait de sa chair et de sa souffrance. Le mourant quitte, sans tourner la tête, cette vie qui l'abandonne. C'est un passé qui s'éloigne, un rivage qui s'efTace. Au moment où il ne le voit plus, il a déjà oublié nos joies et nos peines. Il s'est