‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 252 sur 362 · I . A. do Musset, Simone · texte numérisé non relu

I . A. do Musset, Simone

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époux que la mort arrache des bras l'un de l'autre. Mais Admète n'a pas le cœur d'un Athénien: il aime trop sa femme.

Euripide, sans notre inquiétude, sans notre compassion, envisage donc souvent la mort comme l'envisageaient ses compatriotes : c'était un état négatif, sans douleur et sans plaisir, dans lequel on oubliait l'existence qu'on avait euei. Comme dans la tragédie, cette existence, plus peut-être que dans la réalité quotidienne, était tourmentée et malheureuse, les morts 2 étaient ceux qui ne souffraient ni ne pleuraient plus. Mourir était une loi inévitables, à laquelle, même quand on était vieux ^ on ne se soumettait pas toujours sans répugnances, mais qu'on s'efforçait d'accepter sans murmure 6. On remarquait que tout dans l'univers, même dans nos sentiments 7, est périssable, que la vie suit le même cours que ce qui naît, fleurit et meurt», qu'elle doit par une immuable nécessité être moissonnée comme un champ de blé mûr», mais que pour elle le temps de la moisson est incertain «o. On se disait que la mort met fin à nos stériles agitations n, qu'elle est préférable à une vie malheureuseï 2 , qu'elle n'est pour nous un objet de crainte qu'à cause de notre ignorance, car nous nous attacherions sans doute beaucoup moins à la vie, si nous savions mieux ce qu'est la morti3; qu'à tout prendre il est douteux que l'on garde dans le tombeau quelque sentiment, et souhaitable qu'on n'en ait aucun '4. Enfin, un

1. Alceste, v. 985 sqq. ; Troycnncs, v. 606 sq., texte douteux, v. 636-0, v. 6A1 sq. : Oreste, v. 1084. » J» '» -4 ,

2. Dans Homère, oi xafxovte;, les fatigués, euphémisme pour oî eavovxe;, comme l'a expliqué Buttmann dans son Lexilogus. Cf. Iliade, 111, v. 378; XXIII, v. 72; Odyssée, XI, Y. ^76; XXIV, V. i4. Decharme, op. cit., p. 126, voulait traduire avec Nâgelsbach: ceux qui en qnt fini avec les peines de la vie. Ce sens serait plutôt celui du parfait o( xcXfXTjxÔTe;, si ce parfait n'est pas un synonyme de Taoriste. Il est employé par Euripide dans les Suppliantes, v. 766, et dans les Troyennes, v. 96, par Thucydide, 111, 57, 2, et par Platon, Lois, XI, 927 6. — Voir sur le sens de l'expression ol xauovTe-, la remarque de S. Reinach, dans la Revue Critique, 1893, n* 21, p. /io3.

3. Alceste, v. 112 sqq.; Andromaque, v. 1270 sqq.; Téménides, fragm. 733.

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