‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 27 sur 362 · Vita, p 3, ligne j, p. 4, ligne 9 (Schwartz · texte numérisé non relu

Vita, p 3, ligne j, p. 4, ligne 9 (Schwartz

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éloignés du nombre de pièces attribuées aux tragiques grecs. Ils en ont fait représenter en moyenne une centaine chacun. Comment peuton expliquer une pareille production ?

Remarquons d'abord que lorsque nous parlons d'Eschyle, de Sophocle et d'Euripide, abusés par le nombre considérable de siècles qui nous séparent d'eux et aussi par un impérieux besoin de simplification, nous sommes tentés de ne penser qu'à eux, et d'oublier qu'ils furent les contemporains d'une douzaine d'autres poètes, dont les noms seuls, avec quelques débris informes, nous ont été conservés, sans compter ceux dont le nom même a péri. Pourquoi tous ces genslà n'ont-ils pas subsisté? Ils ont été moins grands, dira-t-on. Sans doute, mais ils ont aussi moins écrit. Pour forcer l'attention de la postérité, il faut prendre quelques précautions. Une des plus sûres est de beaucoup produire. Pour durer, il faut être fécond. Car une œuvre d'écrivain subit avec le temps un déchet énorme. Les faiseurs d'extraits se chargent de la réduire. La postérité elle-même y arrive peu à peu par négligence, par paresse, par nécessité aussi, car ne faut-il pas qu'elle s'occupe de ses contemporains et ceux-ci n'ont-ils pas le droit de vivre quelques années» ? Corneille n'est aujourd'hui l'auteur que de quatre ou cinq tragédies. Qui sait de nos jours que Racine en a fait onze ? Avec tout leur génie, si Eschyle, Sophocle et Euripide n'avaient écrit chacun qu'une trentaine de drames, il n'est pas absolument sûr que nous les connaîtrions mieux que Choerilos, Pralinas, Phrynichos, Aristias, Polyphradmon, lophon, Néophron et une foule d'autres. Et ainsi cette production considérable des tragiques anciens, que nous regardons, parce qu'elle est à peu près identique pour ceux que nous connaissons bien, comme un fait ordinaire en ce temps-là, n'a été en réalité qu'une exception a. Voilà un premier point.

Quant à la fécondité particulière à ces trois poètes, elle s'explique en partie par leur longévité. Eschyle meurt à soixante-neuf ans environ, Sophocle à plus de quatre-vingt-dix, Euripide à soixante-

1. Sur cette nécessité de la mort des livres, cf. P. Stapfer, Des réputations littérairet, p. aaS sqq.

2. Il est vrai que Suidas attribue cent soixante pièces à Choerilos et qu'il en reste à peine quelques syllabes, mais ce chiffre est manifestement trop fort. Il est déjà très réduit pour Pratinas et pour lophon, puisqu'il est fixé à cinquante. El pour le premier de ces poètes, dans ce nombre étaient compris trente -deux drames satyriques. Néophron avait fait cent vingt tragédies, mais Suidas le confond avec Néarchos, qui vivait au temps d'Alexandre.

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SON OEUVRE ET CE QC'lI, NOUS EN RESTE 3i

quinze. Les quatre-vingt-douze pièces qu'on attribue à ce dernier ont donc été composées pendant une période d'environ cinquante années Cette production n'est pas excessive, surtout si l'on n'oublie pas que pendant toute sa vie Euripide n'a guère fait autre chose que des drames .. Il dut avec l'habitude acquérir une facilité extrême. D'ailleurs .i ne recherche en ses vers ni le pittoresque, ni le rare, ni ces effets d etonnement et de surprise qu'Eschyle, plus voisin des lyriques connaissait encore, et que des siècles de production littéraire ont de nouveau imposés à nos poètes, qui ne peuvent pas s'exprimer comme tout le monde. Son style est uni, fluide, d'une extraordinaire agihte. Il dut prendre beaucoup de peine pour acquérir une pareille aisance, mais quand il l'eut acquise, il sut en tirer parti. On sent surtout dans ses derniers drames, qu'il écrivait très vite. Et si le plan est ce que l'on imagine le plus laborieusement dans une pièce, on peut affirmer que les siens ne lui coûtaient pas grand travail, surtout dans 1 exposition et le dénouement, qui sont les parties les plus difficiles. Ce sont là autant de raisons qui nous font comprendre comment il a pu laisser une œuvre aussi considérable.

On la simplifia de bonne heure. A l'époque alexandrine, elle n'était deja plus intacte. Quand on voulut réunir au temps de CalUmaque toutes les pièces de son théâtre, on n'en trouva plus que soixante-dixhu,t qui toutes n'étaient pas d'une authenticité certaine. Beaucoup plus tard, dans les derniers siècles du Bas-Empire, on ne lisait plus que ÏHécube, ÏOreste et les Phéniciennes'. C'était un choix bien restreint, comme on le voit, et assez singulièrement fait. Aujourd'hui nous possédons encore d'Euripide dix-sept tragédies et un drame satynque, sans compter le Rhésos. Il avait composé une pièce de ce nom, mais ceUe qui nous a été conservée et que l'on imprime ordinai-

disliqu'*°.'é!/«î!.^'::"etTn7 "r "^^" T "" ""'"^ <" Sicile, une épigramme en f^mp^lL, Squelquetuns en Z% f' '' "''°'" °'^'"P'<I"« d'Alcibiade, l'élégie il reste un d.sUaue pI L pii , *?'«'''""'"« "°"' «*' conservée entière. De de Bergk. Ces vers «déTauthlntti.f:^ ' T' """' "" •'^'""- ^°'" '*' iK.« jr<,«.rien qui puisse nls intires'er ' "" " "' ""° ''*'" '"" " "«o»""— nt

tragiques. """•«*'«» de Wilamowitz, I, p. „o sqq., I histoire du teite des

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rement avec ses autres drames n'est certainement pas de lui. Ce doit être l'œuvre d un écrivain du iv' siècle, contemporain de Démosthène. C'est du moins l'opinion générale aujourd'hui.

Voici les noms des tragédies que nous possédons. Commençons par énumérer celles qui sont datées :

Alceste, 438; Médée, 43 1 ; Hippolyte, 428 ; Troyennes, 4i5 ;

Hélène y 412; Or este, 4o8 ; Iphigénie à Aulis, 4o5; Bacchantes y 4o5.

Celles qui suivent sont de date plus ou moins nettement déterminée :

Andromaque, entre 43o et 4aoi; HéraclideSy entre 429 et 427 a; Hécube, vers 4a43;

Suppliantes j vers 4ao4 ; Héraclès, entre 433 et 4 16 5 ;

Ion, vers 420^; Electre, en 4i37;

Iphigénie en Tauride, entre 4 11 et 4098;

Phéniciennes, entre 4ii et 409 Q.

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