I . Scholie du vers
a. Diodore (XII, 45) nous dit qu'en 43o les Spartiates épargnèrent dans leur invasion de l' Attique le territoire de la Tétrapole.et Eurysthée annonce justement ces faits V. loag sqq. D'un autre côté, Thucydide nous apprend (II, 67) qu'en 437 toute r Attique fut ravagée. Une prophétie n'éUnt véridique que parce qu'elle suit les événements qu'elle annonce, le drame qui la contient doit être placé entre 439 et 427 Tel est le raisonnement très solide de Wilamowitz, Analecta Euripidea, p. i5i sq.
3. Allusion, v.455 sqq., à la purification de Délos qui eut lieu en 4a5. Parodie des vers 174 sqq. dans les Naées, qui sont de 433. Voir VHécahe de Weil, p. 336.
4. Allusion surtout dans les vers 1 187 sqq. au traité d'alliance offensive et défensive qu Alcibiade fit conclure en 4ao entre Argos et Athènes. Cf. Thucydide, V, 43 sqq.
5. L'allusion à Délium, v. 169 sqq. paraît probable. D'un autre côté, Euripide se senteit vieillir quand il écrivait les vers 637 sqq. La date de cette pièce est fort indécise. Cf. Wilamowitz, Ilerakles, I, p. 34 1 sqq.
6. Date très incertaine. Cf. Wilamowitz, Analecta Earipidea, p. i54.
7. Euripide, v. 1378 sqq., annonce au public, pour ne pas le dérouter, comment il comprend la légende de VHélene qu'il mettra sur la scène l'année suivante. Allusion V. 1347 sq. au secours naval commandé par Démosthène, que les Athéniens venaient d envoyer en Sicile, au printemps de 4i3. Cf. Thucydide, Vil, 30. Tels sont les arguments de Weil. Us sont très plausibles.
8. Il est peu vraisemblable que cette tragédie ait été donnée en même temps que l Electre, VHelène ou VOreste qui sont de 4i3, 4i3 et 4o8. Il reste donc à la placer entre l'avant-dernier et le dernier de ces drames. La facture des vers, qui est assez négligée, et l'emploi du tétramètre trochaïque ne permettent pas d'en faire remonter plus haut la date. Cf. Wilamowitz, Analecta Euripidea, p. i53, et Weil, ;Vo/ic« sur Iphigénie en Tauride, p. 44o. Selon Oeri (Euripides unter dem Druck des sizilischen und dekeleischen Krieges, Basel, 1905), la pièce doit être placée en 4ia, parce qu'elle trahit les impressions que la guerre de Décélie dut faire sur l'esprit de son auteur. Son argumentation ne m'a pas convaincu.
9- Il y a peu de chose à tirer de V Argument de la pièce, publié par Kirchhoff et par Schwartz dans ses Scholia, sinon que les Phéniciennes furent jouées en même temps
SON OBDTRE ET CE QU'iL NOUS EN RESTE 33
A celte liste ajoutons le Cyclope, drame satyrique, le seul que rAnliquité nous ait transmis. Nous ignorons quand il fut représenté, puisque aucun témoignage ancien ne nous renseigne sur ce point, et qu'il est impossible, à cause du caractère particulier de la pièce, d-y relever la moindre aUusion à des événements contemporains.
Ce n-est pas tout. Le caractère sentencieux qui est propre à Euripide, car il finit presque toujours une tirade par une maxime, prêtait beaucoup aux citations. On en trouve un grand nombre chez ^les compilateurs, les moralistes, les collectionneurs d'anecdotes. Tantôt ceux-ci indiquent eux-mêmes le nom de la pièce à laquelle ils empruntent les vers qu'ils citent, tantôt ils se contentent du seul nom de l'auteur. Ils nous ont ainsi conservé de nombreux fragments d'une cinquantaine de drames dont ils nous donnent le titre, et un moins grand nombre d'autres de pièces incertaines. On a recueilli tous ces fragments.. Ils dépassent le toUl de onze cents. Ils sont très précieux à cause même des pensées générales qu'ils contiennent, et dans une étude des idées d'Euripide on conçoit aisément quelle importance ils ont.
Au total, l'œuvre de notre poète, quoique très mutilée, puisqu'il nous reste à peine de lui une tragédie sur cinq, nous a été conservée dans un état moins lamentable que celle d'Eschyle et surtout que celle de Sophocle. Car s'il ne subsiste plus de chacun de ces deux écrivains que sept tragédies entières, nous avons encore aujourd'hui, je le répète, dix-huit drames d'Euripide sans les fragments, qui forment plusieurs milliers de vers. De toutes les pièces qu'on lisait à la bibliothèque d'Alexandrie, il n'en est pour ainsi dire aucune dont nous ne possédions quelques débris. Quant à celles qui ne furent pas retrouvées au m- siècle, quand on voulut les réunir, eUes étaient déjà irrémédiablement perdues à cette époque. C'est une vingtaine de drames dont nous n'avons même pas toujours les titres.
que 1 Oenomaos et que le Chrysippe. Nausicrslès éUit peut-élre le chorèee Mai» d autre par. nous savon, que ce drame fut avec VHypsipyUel Va"u^ Z-Snté^u
^7.! Tt '*' '^"'«'"'•««- ^°" '• «'holie du V. 53 de cette comé^ir ^
„iû' 2^"''^'^''''?''^'''""9'-aecorum/ragmenta, a- édit., I/,ipzig, ,889. C'est toujours i celte édition capitale que je renvoie le lecteur, et je désigne parles lettres /T F
iiZur ^"""""^ ^'"■"^""■^ '*' '"«'"«"'» ^- P'^- dit tes ut^s IT
Il reslers^it à savoir comment ont été composés dans F Antiquité les recueils qui nous ont conservé les pièces actuelles. Pourquoi \ Andromaque, qui est une tragédie fort attachante, bien que les critiques anciens aient jugé qu'elle était de second ordre», est-elle comprise dans un premier choix de neuf pièces, qui paraît avoir été fort répandu? Pourquoi dans ce choix primitif trouvons-nous le Rhésos, qui justement n'est pas d'Euripide? Pourquoi ne lisons-nous aujourd'hui que dans un seul manuscrit l'Héraclès, ï Hélène et V Electre, de sorte que la conservation de ces trois pièces, dont les deux dernières surtout sont si originales; ne semble due qu'à un simple hasard? Et r Antiquité elle-même n'admiraît-elle pas plus vivement que d'autres certaines tragédies que nous n'avons plus? Nous-mêmes, d'après ce que nous savons de plusieurs pièces, dont nous connaissons quelques détails, ou dont le sujet nous paraît si surprenant, n'avons-nous pas le droit d'en regretter douloureusement la perte? Où est ÏÊrechthée, dont le grave Lycurgue fait un si bel éloges. Où est VAntiope et son débat contradictoire, par quelques côtés si moderne^, sur les avantages de la vie de réflexion et ceux de la vie active? Qu'est devenu le Bellérophon et son audacieux athéisme, le premier Hippolyie que l'on voudrait tant comparer avec celui qui nous a été conservé, les Cretois et le monstrueux amour de Pasiphaé, le Chrjsippe et la scabreuse passion de Laïos pour le jeune fils de Pélops, la Mélanippe et ses tirades de philosophie cosmogonique, le Protésilaos et la tendre, la romanesque Laodamie, VAndromède qui charmait les heures trop lentes des traversées^ et qui faisait délirer les villes 5? Ce sont là des pièces auxquelles on pense d'abord. Il y en a une foule d'autres.
i< i4rgumen< de la pièce, p. A6, ligne 3 (Nauck). C'est ainsi du moins que je comprends l'expression to ôe ôpâ|xa twv ôeuxépwv, puisque, comme l'explique Weil à la fin de V Argument de VHippolyte porte-couronne ^ les mots to ôè Spàjxa tûv nptôxcov signifient que le drame était de ceux que Ton mettait au premier rang. — A. W. Yerrall, Essays on four plays of Euripides, p. aa, propose une autre interprétation qui me paraît inadmissible.
a. Contre Léocrate, loo sq.
3. Certains de nos contemporains, qu'il est inutile de nommer, ne paraissent pas savoir s'ils doivent préférer la vie publique à la vie d'étude, c'est-à-dire qu'au fond ils hésitent entre la thèse d'Amphion et celle de Zéthos.