‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 272 sur 362 · I. Médée^ v. Sôg sqq · texte numérisé non relu

I. Médée^ v. Sôg sqq

a. Andromaque, v. a4i. C'est Hermione, épouse de Néoptolème, qui parle ainsi à la concubine du roi. Cf. ibid., v. iSi sq., v. 872 sq.; Electre, v. 264 sq.; Ino, fragm. 4oo: pour les femmes, l'amour est une maladie véritable (cf. Andromaque, v. aao sq.), une folie : Hippolyte, v. 966 sq.; Electre, v. io35 sqq.; Troyennes, v. io58 sq.

3. Ce qui ne les empêchait pas, quand il leur arrivait quelque malheur, d'en rejeter, comme nous le faisons si souvent, la cause sur les femmes. Cf. Oreste, v. 6o5 sq.

LA CRITIQUE DES FEMMES 3i5

des consolations ailleurs. Hermione se fait enlever par Oreste i, Phèdre s'éprend d'un douloureux amour pour Hippolyte, Clytemnestre se donne à Égisthe^. Dans les pièces perdues, il semble aussi qu'il y avait des femmes coupables d'adultère, dans Pelée, Sthénébée et Thyeste. Car l'amour rend folles les femmes. Il est pour elles une maladie irrésistible. Quand il s'est emparé de leur âme, il la possède entières. On sait l'importance qu'Euripide a donnée à l'amour dans son théâtre. 11 a quelquefois cherché l'intérêt de ses drames dans l'étude seule d'une âme qui en soufFre^. Mais n'est-il pas remarquable que cette passion, il la place toujours dans le cœur de la femme, jamais dans celui de l'homme? Sans qu'il y ait songé, il nous fournit par cette singularité une excuse très forte de l'inconduite de ses contemporaines. Les hommes, chez lui, sont inaccessibles à l'amour; ils n'y font aucune attention. Leur inconstance ne s'y arrête pas : ils ont trop de distractions pour se laisser prendre. Cela est si vrai que toute l'adresse de Racine n'a pu faire accepter à ceux qui ont quelque notion des mœurs antiques sa conception d'un Achille amoureux. Les deux mots jurent d'être accouplés.

Au contraire, les héroïnes d'Euripide sont souvent torturées par la passion. C'est qu'au v* siècle, les Athéniennes vivaient dans une solitude dangereuse. Il n'est pas bon d'isoler les femmes. Aucune barrière n'arrête leurs pensées5. Ce sont même les entraves qui leur donnent le désir de s'affranchir. Et ce désir devient irrésistible, toutes les fois que celui auquel elles appartiennent ne les aime pas et les abandonne. Car si le mari oublie le lit conjugal, elles veulent suivre son exemple, et cherchent ailleurs un amant. Pour Hermione, Phèdre et Clytemnestre, les choses se sont ainsi passées. Toutes trois ont des époux si négligents qu'ils semblent s'attirer volontairement leur infortune. L'infidélité, dont on s'indigne tant, quand il s'agit de la femme, n'a jamais cependant été très rare, peut-être parce que la monogamie, que les hommes né trouvent guère naturelle pour eux-

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