Electre, v, 1286 sq, 'i. Oreste, v. 9 2 3 sqq
5. Sapra, chap. II, S iv, p. 66 sqq., chap. IV, $ m, p. i35 sqq.
LES ESCLAVES
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A côté de ces trois classes, et plus nombreuse qu'elles, il y en avait une autre, qui ne participait pas à la vie de la cité : celle des esclaves. QueUes idées Euripide a-t-il eues sur ces malheureux?
Il est porté à les plaindre, mais il ne méconnaît pas leurs défauts. Il nous dit que de père en filsi ils sont lâches ^ perfides 3, toujours disposés dans une querelle à se mettre du côté du plus fort^ que leurs appétits sont grossiers et vils, puisque, si leur estomac est satisfait, ils n'ont plus de soucis et ne pensent à rien 5.
Mais sont-ils responsables de ces défauts et de ces pensées basses? En aucune façon. C'est la vie humiliée où on les tient, qui rend leur cœur si pusillanime et leur foi si changeante. Un esclave peut aimer son maître, mais ne faut-il pas qu'il vive avec ses compagnons de servitude? S'il est dévoué, comment ne sera-t-il pas détesté par eux? Son affection l'expose à toutes les suspicions, à toutes les haines 6.
Parce qu'il dépend tout entier de son maître, il faut qu'il le flatte. 7 Il ne peut lui dire la vérité que si elle lui agrée 8 : dure contrainte pour l'esclave athénien qui a la langue agile! Car ce maître peut avoir une intelligence médiocre : il faut cependant qu'il ait toujours raison. De tous les malheurs qui pèsent sur son serviteur et lui rendent l'existence si pénible, le principal est qu'il doit se taire, qu'il n'a pas son franc-parler 9. Des modernes se résigneraient aisément à ce silence. Euripide l'a déploré assez souvent pour nous faire croire qu'il le regardait comme une torture. Car l'esclave ne doit jamais être supérieur à son maître, et s'il a plus d'esprit que lui, il devient un fléau véritable «o. L'affirmation nous paraît un peu exagérée. Si l'on y réfléchit un insUnt, elle csl très caractéristique. A la fin du v^ siècle,
a. ton, V. 983. Se souvenir du Phrygien de VOreste.