Panathénaïquey ii/îsqq
k. Hécabe, v. 671 sqq.
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LA PATRIE ATHÉNIENNE 3g3
plaisir au peuple. » Sur quoi Dionysos, qui veut du bien au poète, lui conseille à mi-voix de ne pas trop insister là-dessus, parce que ce n'est pas le plus beau de son affaire ».
Aristophane a-t-il raison? Assurément non, si l'on s'en tient à ce qu'il dit. En comprenant la tragédie comme il l'a fait, en prêtant aux êtres faibles une attention aussi grande, Euripide n'avait pas la pensée que lui attribue perfidement son ennemi. Mais n'est-il pas tombé, pour une autre raison, dans le défaut qu'il a tant de fois reproché aux démagogues de son temps?
On hésite à répondre. Certains vers de lui sont un peu inquiétants. Quand il peint des magistrats qui siègent le front haut dans l'Assemblée, et qui méprisent leurs concitoyens, tout nuls qu'ils sont, on se rappelle aussitôt Montaigne, et l'on se dit que les gens en charge n'étaient pas tous, même à Athènes, des gens supérieurs. Mais s'il ajoute que le peuple a mille fois plus de raison que de tels sots, et qu'il ne lui manque que d'oser et de vouloir», on a le droit déjuger qu'il va trop loin. Même, à la réflexion, on trouve que sa flatterie n'est
pasjustifiée, puisqu'aprèstoutc'étaitle peuple quiélisait ses magistrats. S'il était si intelligent, il aurait dû se garder de mettre à sa tête des esprits imbéciles 3.
Si les idées d'Euripide à l'égard de la multitude peuvent quelquefois paraître suspectes, celles qu'il a sur sa patrie sont excellentes. Pour eUe, il a le plus profond amour et il veut que ses compatriotes l'aient aussi. Persuadé que le souvenir des grandes actions de leurs ancêtres ne les laissera pas indifl'érents, il écrit son Êrechthée, C'est en efl^et pour faire aimer Athènes aux Athéniens que, selon Je 'témoignage de Lycurgue4, U composa ce drame. Voyons ce qu'il leur disait.