‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 35 sur 362 · Alceste, v. 64 sqq · texte numérisé non relu

Alceste, v. 64 sqq

tART DES PnÉPARATIOKS «3

mère, qui le croit encore en vie, comment un hôte perfide l'a fait mourir . ; il nous annonce ainsi la seconde partie de VHécube, où Polymestor enfin démasqué est si cruellement puni de sa trahison». En un mot, loin d'être soucieux de tenir notre curiosité en éveil, le poète a soin de nous prévenir le plus souvent de ce qui va se produire 3.

Il y a là quelque chose de surprenant. Le peuple athénien aurait-il été insensible au plaisir de l'imprévu ? Les feuUletons de nos journaux, coupés automatiquement au moment où l'émotion arrive à son comble l'auraient-ils laissé froid? Évidemment non. La foule est toujourslal même, avide, crédule, curieuse. Euripide nous en fournit au moins une fois la preuve.

Dans l'Oreste, au mUieu du récit du guet-apens où était tombée Hélène*, - quand le fils d'Agamemnon la poursuit, la saisit par les cheveux, lui incline le cou sur l'épaule gauche(!) et va lui plonger dans le cou son glaive noir (!), - pourquoi, à ce moment palpiUnt, l'auteur suspend-il sa narration et nous en fait-il attendre la suite? Parce que la question du coryphées, glissée insidieusement en cet endroit, donne au récit une autre direction, permet à l'acteur de respirer un peu et surtout stimule notre curiosité par l'attente. Nous avons hâte de savoir ce qui est arrivé». Le glaive d'Oreste s'est-il abattu sur le cou blanc

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