Hécube, V. 466 sqq
Troyennes, v. ao7 sq.
p. MASQUERAT.
aG
assez fine à l'égard des Athéniens. — N*y en eut-il pas quelques-uns parmi eux, des difficiles, qui la trouvèrent un peu grossière?
A son tour, Hélène en Egypte aura pour Sparte un amour inattendu, dont il est impossible de découvrir la moindre trace dans l'Iliade, En passant de l'épopée dans la tragédie, où elle paraît avoir tant à cœur de dérouter ceux qui la connaissent», elle est devenue parfaite. Il fallait donc bien que le patriotisme naquît en elle. Le chœur dit en effet qu'elle n*a plus la joie de voir le pays de ses pères a. Elle-même nous confie que si elle vit encore, c'est parce qu'elle a l'espoir d'y retourner. C'est une de ses premières paroles 3. Car les dieux, en l'arrachant de sa terre natale^, lui ont arraché l'âme, et quand elle désespère un instant de revenir sur les bords de l'Eurotas, le long de ses eaux claires et de ses verts roseaux 5, — car la fraîcheur de ses expressions est surprenante, et voilà qu'elle commence à regarder, surprise, la nature, — elle ne peut plus consentir à vivre.
LA GUERRE 3g3
S'il nous vient à l'esprit que la fille d'Agamemnon était d'Argos ou de Mycènes, Tallusion au péplos porté aux Panathénées nous semble discutable. Une objection en suscite une autre. Au moment où la guerre de Troie éUit à peine terminée», Phidias avait-il déjà l'idée de la frise du Parthénon? Mais ces scrupules ressemblent beaucoup à des sottises. Les ïroyennes emmenées en Grèce se disent que peut-être leurs maîtres leur permettront de travailler, elles aussi, au brillant manteau ^ et Euripide a eu bien raison de susciter en elles, pour les consoler des tristesses de l'exil, cette espérance prématurée! Peut-être a-t-il été moins bien inspiré quand, cédant à son antipathie, il a critiqué Sparte avec tant d'âpreté. Sans doute, l'amour du pays natal engendre souvent le mépris et même la haine de l'étranger. C'est l'excuse de notre poète. Elle est d'autant plus sérieuse que la lutte entre Athènes et Lacédémone était vive et sanglante et que la guerre entre les cités lui paraissait un procédé détestable pour mettre fin à leurs querelles.
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Un amour si vif de la patrie athénienne a poussé Euripide, peutêtre sans qu'il en eût conscience, à traiter fréquemment dans ses drames des légendes attiques. C'est à ce cycle qu'appartiennent le second Hippolyte, l'Ion, les Héraclides, les Suppliantes, et parmi les drames perdus ÏAegée, l'Alopé, VÊrechthée, le premier Hippolyte, le Sciron et le Thésée^. De plus, il fait aux dieux et aux usages indigènes de fréquentes allusions, qui peuvent quelquefois nous sembler déplacées ; mais comme, au contraire, elles plaisaient toutes à ceux pour lesquels il écrivait, leur opportunité paraissait toujours légitime, et rétait en effet.
A première vue, il est naturel qu'Iphigénie regrette, au pays taurien, ses travaux gracieux déjeune fille et les longues heures qu'elle passait à broder avec la navette, sur la trame sonore, l'image de Pallas et des Titans7. Nous prenons les choses comme des Athéniens. Cependant,
I. Hélène, v. a56 et a6o. Les vers intermédiaires sont interpolés, a. Ibid., V. aaa.