‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 7 sur 362 · Un xoticTjXo;. Sur le sens du mot, cf. Paix, v · texte numérisé non relu

Un xoticTjXo;. Sur le sens du mot, cf. Paix, v

7. Inutile de citer ces vers que Ton trouvera dans Nauck : ils sont très connus. Aulu-Gelle répète la même chose sur la foi de Théopompe, mais Théopompe avait lu Aristophane.

4 ËUlUPlDE ET SES IDEES

de ces plaisanteries que d'en sentir le seL Et pourtant il est présumable qu'elles en ont eu, ou du moins qu'elles ont fait rire, puisqu'elles ont été tant de fois répétées «.

Euripide était, cela est presque sûr, de famille aisée. Le fait nous est affirmé expressément par un choniqueur du siècle suivant, dont le témoignage a une grande autorité a. Son affirmation concorde avec certains faits que nous apprenons ailleurs. Comment, si les parents d'Euripide avaient été de petites gens, auraient-ils fait donner à leur fils l'instruction qu'il reçut? Sans être un poète savant, n'a-t-il pas déjà des connaissances très variées ? Comment aurait-il pu, sans fortune personnelle, rassembler les livres de sa bibliothèque 3, en un temps où les livres étaient si rares et si chers? Car si les écrivains comme Lysias gagnaient beaucoup d'argent à composer des discours pour des plaideurs inexpérimentés, à la même époque le métier de poète tragique rapportait sans doute plus d'honneur que de profit. Il fallait donc bien qu'Euripide eût une aisance personnelle que ses parents lui avaient laissée 4. On serait même tenté de supposer qu'il était issu de quelque famille de propriétaires fonciers 5, à voir la bienveillance presque attendrie et si indulgente qu'il porte aux paysans. Il aime leur vie. Il la trouve saine, facile, préférable à celle des villes. Son optimisme ressemble un peu à celui du riche, qui voit les choses de loin et qui n'a vécu au milieu des champs que pendant la belle saison. — Mais, après tout, ce ne serait là qu'une hypothèse, et sur un sujet où on les a tant multipliées, il faut se garder d'en accroître le nombre.

On ne doit donc pas croire Aristophane sur parole, quand il dit du

I . Ne pas oublier la remarque de Bergk (Griech. LiteraturgeschiehU, III, p. 467, n. 7) : « Pour que la plaisanterie fît rire, il fallait qu'elle eût un fond de vérité. Quand les Pélopoiinésiens dévastèrent l'Attique, Cleito pouvait très bien, parce temps de disette, tirer profit, en les faisant vendre à Athènes, des fruits et légumes récollés à Salamine, dans le domaine de la famille. »

a. Philochoros, dans Suidas.

3. Cette bibliothèque était célèbre. Cf. Athénée, I, p. 3 A. — Aristophane y fait allusion dans les Grenouilles, v. 943 et probablement aussi v. 1409. — Euripide parle souvent de ses lectures, Alceste, v. 96a sqq.; Hippolyte, v. 45i 8q.,'v. 953 sq.; Iphigénie, à Aulis, V. 798 sqq. ; Plisthène, fragm. 637 ; Érechthie, fragm. 369, v. 6 sq.

k. Je laisse de côté VAntidosis que lui inlenU, selon Aristote {Rhet,, III, i5, i4iG a, a8 sqq.), l'un de ses compatriotes, tout en remarquant que si cet armateur récalcitrant voulait échanger sa fortune contre celle du poète, c'est qu'apparemment Euripide en possédait une.

5. Si le bien que possédait Euripide à Salamine {Vita, 61 sqq.) lui venait de ses parents, le fait serait indiscutable. Malheureusement, bien que ce fait toit souvent admis, nous ne le savons pas d'une façon certaine.

th. VIE ET LE CARACTÈRE DE l'ÉCRIVAW 5

mal d'Euripide, ce qui lui arrive souvent. Est-ce dans les médisances de la comédie que d'autres- ont trouvé qu'il était né d'un béotien que son père était un banqueroutier, et que celui-ci fut châtié comme tel? Nous ne le savons pas, mais cette tradition n'a pas la moindre vraisemblance. Comment en effet la concilier avec les fonctions religieuses dont il est certain qu'Euripide fut plusieurs fois honoré pendant son adolescence? 11 porte le feu dans une fêle d'Apollon Zostérios» sur un promontoire de l'Attique où s'élevait le temple du dieu à côté de ceux d'Artémis et de Léto3. Une autre fois, il danse dans une cérémonie que l'on célèbre dans Athènes, pour honorer Apollon Délien et le fait est attesté par une inscription que Théophraste avait vue au siècle suivante. De tels témoignages sont infiniment plus probants que toutes les insinuations de la comédie. Ils prouvent, à n'en pas douter qu Euripide sortait de quelque famille honorable d'Athènes sur laqueUe la malignité publique n'avait aucune prise justifiée.

Sa jeunesse est fort obscure. Hésita-t-il quelque temps entre divers chemins, avant de prendre celui qui devait le mener où il est arrivé? A voir le caractère un peu mélangé de sa poésie, son esprit ondoyant ses Idées dispersées 5 et les regards qu'il a jetés de tous côtés autour de lui, on est tenté de le croire. On nous conte d'ailleurs qu'un oracle avait annoncé qu'il deviendrait célèbre et remporterait des couronnes* Le père, se méprenant sur le vrai sens de la prédiction, aurait voulu faire de son fils un athlète. Euripide, un athlète! La chose est plaisante Il est justement un des premiers qui aient blâmé (on verra plus loin 7 avec quelle verve) l'abus des exercices physiques, et reproché à ses concitoyens de vénérer presque comme des dieux les êtres brutaux qui y réussissaients. Mais n'y a-t-il pas dans ces attaques quelque I. Stobéc, Florikgmm, vol. Il, p. ,87, ,4.,8, éd. Meineke.

logl. p t^"' " '"■ ^'*"'''-> '"' ^•""°" ^^'^"'» "'• Toepfer, AttUche Genea-

Page 1